Renforcer le réseau mobile, une priorité après le confinement


Télétravail, école à la maison, divertissement et services administratifs en ligne… Jamais les réseaux télécom n’auront été si nécessaires au quotidien des Français que depuis les débuts du confinement. Malheureusement, une partie de la population s’est retrouvée exclue de ces usages numériques, faute d’infrastructures télécoms adéquates sur tout le territoire. L’accès au réseau mobile s’est révélé particulièrement critique.

Améliorer la couverture

« Avec la crise, on se rend compte que l’urgence, c’est le réseau mobile. Il y a encore environ 20% du territoire français qui n’est pas couvert en 4G », souligne Weiliang Shi, le directeur général de Huawei Technologies en France. Or, les communications voix ont été hyper sollicitées avec une augmentation de 50% du trafic contre « seulement » 20 à 30% du trafic Internet. Les utilisateurs ont en quelque sorte redécouvert le téléphone pour contacter leurs proches. Dans le même temps, il est devenu encore plus crucial que d’habitude de pouvoir appeler les services d’urgence.

Le gouvernement, l’Etat et la Fédération française des télécoms espèrent donc une reprise rapide du déploiement de nouvelles antennes dans le cadre du New Deal Mobile qui visait à apporter la 4G à tous les Français d’ici la fin de l’année. Mais l’Arcep sait qu’elle devra revoir son calendrier : les objectifs ne pourront tous être atteints aux dates prévues, le confinement ayant stoppé net le rythme des opérateurs.

Optimiser les fréquences

Dans certains territoires, le réseau mobile a aussi connu des interruptions ou des dégradations. Le problème ne se trouve donc pas seulement limité à la couverture mais aussi à la qualité de service. Les réseaux mobiles reposent sur des infrastructures partagées qui deviennent vulnérables lorsque trop d’utilisateurs les sollicitent en même temps.

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« Le risque de faire tomber le réseau, ou du moins de le ralentir considérablement, est plus grand concernant les infrastructures mobiles. Cela doit nous interroger en temps long sur la façon dont on accompagne les opérateurs pour bien dimensionner », a expliqué le président de l’Arcep Sébastien Soriano lors d’une audition avec les sénateurs sur l’aménagement du territoire. Les opérateurs ont-il suffisamment de fréquences ? Peut-on optimiser l’utilisation des fréquences et mieux les répartir suivant les différentes technologies ? Mettre fin progressivement à la 3G ? Mutualiser davantage les infrastructures entre opérateurs, notamment concernant le réseau 2G ? La réflexion est lancée.

Mieux dimensionner le réseau mobile

L’autre sujet mis sur la table par le gendarme des télécoms, c’est la collecte. Les opérateurs ont pu dimensionner jusque-là comme ils voulaient leurs réseaux mobiles. L’Arcep entend se montrer plus exigeant sur ce sujet à l’avenir.

On imagine qu’il pourrait s’agir d’imposer, dans certains cas, de relier les stations de base au cœur de réseau avec des liaisons en fibre optique plutôt que des faisceaux hertziens, comme cela existe encore actuellement. Mais l’enjeu pourrait être aussi d’installer des cartes réseau suffisamment puissantes, sachant qu’elles sont plus énergivores, coûtent plus cher et ont davantage d’impact environnemental. Il faudra trouver le bon équilibre, surtout si les hausses de trafic ne surviennent qu’en cas de crise. «  Il est  possible de rendre les réseaux plus flexibles et résilients en adaptant leur architecture. On peut, par exemple, installer des antennes et les allumer et les éteindre suivant les besoins », fait observer Weiliang Shi.

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D’autres confinements par clusters pourraient de nouveau être imposés après le 11 mai. Les climatologues et épidémiologistes nous avertissent aussi déjà que des pandémies de ce type sont amenées à se reproduire à l’avenir sous l’effet du réchauffement climatique. La pression sur les réseaux mobiles ne risque donc pas de faiblir à long terme.





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