1er cas en France, symptômes, plus mortel ?


Un premier cas de variant indien aurait été détecté en France, dans le Lot-et-Garonne, annonce l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Ce “nouveau” variant (B.1.617) est porteur d’une double mutation qui entraînerait une plus grande résistance aux vaccins. Quels sont ses symptômes ? Est-il plus mortel ? Infos à date.

[Mis à jour le jeudi 29 avril à 22h34] Après les variants anglais, brésilien, sud-africain, breton, une nouvelle souche du virus initial Sars-CoV-2 inquiète. Depuis quelques semaines, l’Inde connaît une flambée épidémique qui pourrait s’expliquer en partie par la circulation d’un nouveau variant : le B.1.617. Communément appelé le “variant indien”, ce mutant suscite des inquiétudes car il serait porteur de deux mutations particulièrement puissantes et résistantes aux anticorps. Un cas de variant indien du coronavirus aurait été détecté dans le Lot-et-Garonne, a annoncé jeudi l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine. Il s’agit du premier cas de variant indien observé en France métropolitaine. Un autre cas suspect aurait été remarqué à Bordeaux. Les résultats du séquençage sont attendus pour vendredi. Le variant aurait également été détecté pour la première fois en Belgique au sein d’un groupe d’étudiants arrivé ce mois-ci d’Inde via l’aéroport parisien de Roissy, a-t-on appris le 22 avril de source officielle à Bruxelles. En Suisse, un premier cas de variant indien a été détecté samedi 24 avril 2021. Il s’agirait d’un passager arrivé en Suisse après avoir transité par un aéroport européen. Au total, le variant indien aurait été détecté dans plus de 1 200 séquences de génome, dans ” au moins 17 pays “, a annoncé, mardi 27 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par mesure de précaution, il apparaît nécessaire, en complément des mesures aux frontières mises en œuvre dès samedi 24 avril 2021 pour tous les vols en provenance de l’Inde et rappelées ci-après, de prendre toutes les mesures visant à détecter une éventuelle circulation de ce variant en France, indique la Direction générale de la Santé dans son communiqué du 26 avril. Où est-il présent ? En Europe ? En France ? Quels sont ses symptômes ? Ses dangers sur le long terme ? Les vaccins nous protègent-ils contre lui ? Ce que l’on sait à date. 

Ce nouveau variant a été “repéré pour la première fois le 5 octobre 2020 près de Nagpur“, une ville du centre de l’Inde située dans le Maharashtra, rapporte un article du Monde du 19 avril 2021. Il s’agit d’un nouveau mutant du Sars-CoV-2, le virus responsable de la pandémie de la Covid-19, qui résulte de “quinze mutations spécifiques, détaille Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi. Selon les épidémiologistes, le variant indien ressemblerait pour le moment aux variants brésiliens et sud-africains. Dans l’Etat du Maharashtra, le variant indien représenterait actuellement 55% des cas de contaminations et entre 2 et 10% dans le reste du pays, confie Rakesh Mishra, directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire, toujours au Monde. Pour autant, à ce stade, “bien que ce variant soit classé VOC (variant préoccupant) et suivi de près par les autorités sanitaires indiennes, aucun lien n’est établi entre l’émergence de ce variant et la dégradation récente de la situation épidémiologique“, tient à rétablir le ministère de la Santé indien. Par précaution, le Royaume-Uni a tout de même restreint les vols en provenance d’Inde à ses seuls résidents, depuis le 19 avril 2021, après la confirmation de 103 cas de ce variant indien sur son territoire. La France impose dès le 24 avril une quarantaine obligatoire aux voyageurs en provenance d’Inde, a annoncé Gabriel Attal le 21 avril. 

Actu à voir aussi ...  le projet Folding@Home se transforme en monstre de calcul

La variant indien porte le nom scientifique B.1.617

Le variant indien, qui serait détectable par un test RT-PCR, présente plusieurs mutations, dont deux mutations  apparues sur la protéine Spike (la clé qui permet au SARS-CoV-2 de pénétrer dans nos cellules et qui donne la forme de “couronne” au coronavirus). Ces deux mutations sont déjà connues des scientifiques : 

  • L452R qui a déjà été détectée dans le variant B.1.526.1, repéré aux Etats Unis.
  • E484Q qui ressemble à une mutation présente dans les variants identifiés en Afrique du Sud et au Brésil.

Le fait que cette protéine Spike ait muté à deux endroits – des mutations jamais vues ensemble jusqu’à maintenant – fait que ce variant semble, d’après les épidémiologistes, particulièrement puissant et plus contagieux. Voilà pourquoi les scientifiques parlent de “double mutant“. En revanche, il est encore trop tôt pour dire si ce variant est plus mortel que les autres.

En France métropolitaine, le variant indien n’est pour l’instant pas présent.

Le variant indien “a été détecté sporadiquement en Angleterre (près de 180 cas à date), Allemagne, au Canada et à Singapour“, relève Santé publique France dans son analyse de risque liée aux variants émergents du 8 avril 2021. Et de préciser que “deux cas ont été repérés en Guadeloupe. Un cas de variant indien du coronavirus aurait  été détecté en Lot-et-Garonne, a annoncé jeudi l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine. Il aurait également été détecté pour la première fois en Belgique au sein d’un groupe d’étudiants arrivé ce mois-ci d’Inde via l’aéroport parisien de Roissy, a-t-on appris jeudi de source officielle à Bruxelles. Les autorités sanitaires suisses ont annoncé samedi 24 avril un premier car de variant indien du Covid-19 sur leur territoire. D’après les résultats de la base de données GISAID qui surveille les mutations de la Covid-19 à l’échelle mondiale, une quinzaine de pays auraient signalé des cas de contaminations au variant indien. Au total, le variant indien aurait été détecté dans plus de 1 200 séquences de génome, dans “au moins 17 pays”, a confirmé, mardi 27 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Actu à voir aussi ...  Soupe de carottes potimarron lentilles blondes au curry et lait de coco (non mixée)

En Europe : le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Suisse, l’Espagne, la Guadeloupe, l’Irlande, la Suisse.

En Amérique : les Etats-Unis

En Afrique : le Nigéria. 

En Asie : l’Inde, Singapour, le Bahreïn, la Corée du Sud, la Turquie, 

En Océanie : l’Australie, la Nouvelle-Zélande.

Carte de la présence du variant indien (B.1.617) dans le monde au 20 avril 2021.
Carte de la présence du variant indien (B.1.617) dans le monde au 20 avril 2021. © Gisaid

Si le variant indien semble plus contagieux que les autres souches, il entraînerait des symptômes typiques de la Covid-19. Le directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de Delhi indique que les malades souffrent “de maux de tête, de congestion nasale, de maux de gorge, de douleurs musculaire. On en voit atteints de diarrhée, comme ce fut le cas à New York l’an dernier. Et le climat étant chaud et sec cette saison, certains saignent du nez ou de la gorge parce qu’ils toussent ou éternuent davantage“.

Selon le ministère de la Santé, lors des dépistages :

► Il est désormais demander aux laboratoires et aux professionnels de santé réalisant un dépistage du SARS-CoV-2 de questionner systématiquement toute personne venant se faire tester sur un potentiel séjour en Inde dans les 14 jours précédant la date des symptômes ou du prélèvement ou sur un potentiel contact à risque avec une personne y ayant séjourné. En cas de réponse positive, cette mention fera l’objet d’un renseignement obligatoire de SIDEP (champ “pays de provenance”).

► Il est demandé aux laboratoires et aux professionnels de santé d’orienter toute personne ayant séjourné en Inde dans les 14 derniers jours ou ayant eu un contact à risque avec une personne y ayant séjourné et se présentant pour la réalisation d’un dépistage du SARS-CoV-2 vers la réalisation d’un test RT-PCR (y compris si elle se présente pour la réalisation d’un test antigénique).

► Il est demandé de réaliser de façon prioritaire et accélérée le séquençage de tout prélèvement positif pour le SARS-CoV-2 pour une personne ayant séjourné en Inde dans les 14 jours précédant la date des symptômes ou du prélèvement ou ayant eu un contact à risque avec une personne y ayant séjourné dans les 14 jours suivant son retour. Les prélèvements à séquencer seront à adresser à un laboratoire du réseau ANRS-MIE en première intention. Les séquençages devront faire l’objet d’une remontée obligatoire de la séquence et des métadonnées dans la base de données nationale EMERGEN.

Le variant indien serait donc porteur de deux mutations spécifiques : la première, la substitution L452R qui serait présente dans deux lignages qui circulent aux États-Unis et qui entraînerait une légère augmentation de la transmissibilité [du virus], aux alentours de 20 à 30 %”, explique Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon, dans un article de La Croix. La seconde, la substitution E484K, qui a déjà été retrouvée chez des variants préoccupants (brésilien et sud-africain), aurait “un impact significatif en termes d’échappement immunitaire“, alerte Santé publique France dans son analyse du 8 avril, en précisant que cela n’a pas encore été formellement démontré. Autrement dit, “si cela se confirme, cela pourrait poser des soucis à moyen terme, car cela fragiliserait l’immunité de la population, vu que les personnes déjà infectées et celles vaccinées par les vaccins qui utilisent un vecteur type adénovirus – comme le vaccin AstraZeneca, Johnson & Johnson ou celui de Chine – sont bien moins protégées face à ces mutations“, détaille Samuel Alizon, directeur de recherche au laboratoire des maladies infectieuses et vecteurs du CNRS, au HuffPost.

Il y a “pas mal de cas chez des sujets jeunes et même chez des enfants”

La double mutation présente sur le variant indien augmenterait sa capacité de transmission, notamment chez les jeunes et les enfants. En Inde, pour le moment, 65% des nouveaux malades ont moins de 45 ans, selon le chef du gouvernement local de New Delhi. Le variant touche ainsi les personnes jeunes, voire les enfants : “l’année dernière il n’y avait pratiquement pas d’enfants hospitalisés“, ce qui n’est désormais plus le cas, signale Khusrav Bakan consultant à l’hôpital P. D. Hinduja National de Bombay. En Europe, il y a “pas mal de cas chez des sujets jeunes et même chez des enfants, ajoute le Pr Patrick Berche, microbiologiste et membre de l’Académie de médecine. Cela est assez inquiétant. Mais ça demande vérification. Pour le moment, ce n’est pas étayé par des publications. On a des indications qui pourraient suggérer que le virus devient plus virulent, mais ce n’est pas confirmé“.

Actu à voir aussi ...  Suivez la progression de l'épidémie de Covid-19 grâce à cet outil de Microsoft

“Deux positions (les deux mutations préalablement décrites) semblent être particulièrement puissantes, parce qu’elles peuvent échapper aux anticorps“, confie le directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi au Monde. Pour le moment, les vaccins administrés comme les sérums d’AstraZeneca, de Johnson & Johnson ou les vaccins chinois (CoronoVac de Sinovac et les deux vaccins de Sinopharm) ne protègeraient pas contre le variant indien. Interrogée sur France Info le 21 avril 2021, l’infectiologue Karine Lacombe ajoute que ce variant pourrait également être “résistant aux traitements [de la Covid] comme les anticorps monoclonaux“. 

Sources :

– Analyse de risque liée aux variants émergents de SARS-CoV-2 réalisée conjointement par le CNR des virus des infections respiratoires et Santé publique France, 8 avril 2021. 

– Gisaid : banque de données et réseau de surveillance des variants 



Source link