top départ pour le projet de « cloud européen » lancé par Paris et Berlin



Gaia-X, présentée jeudi par les ministres de l’Économie des deux pays, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, sera une sorte de place de marché, où les entreprises européennes pourront trouver des services de « cloud » respectant un certain nombre de critères et de normes européens.

L’objectif n’est pas seulement un celui de la souveraineté, mais aussi de performance économique, ont expliqué les deux ministres. Construire une infrastructure européenne représente « un point de départ pour la construction d’un écosystème européen de la donnée », ou ces informations peuvent circuler sans difficulté entre les acteurs économiques pour augmenter leur performance et créer de nouveaux services, a indiqué Peter Altmaier.

Echange de données facilité entre entreprises européennes

« Pour développer une voiture autonome, vous avez besoin d’un grand nombre de données sur la sécurité routière », a illustré de son côté Bruno Le Maire. « Pouvoir facilement échanger des données entre constructeurs européens » grâce à des infrastructures compatibles peut donc considérablement leur faciliter la tâche, a-t-il expliqué.

Bercy espère que les premiers services estampillés « Gaia-X » verront le jour au premier semestre 2021. La gouvernance de Gaia-X sera pilotée par les 22 entreprises fondatrices, 11 allemandes et 11 françaises, qui représentent à la fois le monde des fournisseurs de services cloud, mais aussi celui des utilisateurs de ces services.

En France, le projet est porté par des entreprises comme OVH, Scaleway, Dassault Systèmes, Orange, EDF, Docaposte ou l’Institut Mines Telecom. En Allemagne, il est porté notamment par Deutsche Telekom, les industriels Siemens, Bosch et BMW, ou le géant du logiciel SAP. Les fournisseurs non européens, et notamment les géants américains, pourront être présents sur la plate-forme s’ils respectent ses critères et ses conditions.

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Une galaxie d’opérateurs plutôt que des géants

Le monde actuel des services de cloud est dominé par les grands acteurs américains, et les Chinois comme Alibaba commencent à pointer leur bout de leur nez. La France et l’Allemagne ne veulent pas que les opérateurs européens se laissent définitivement distancer, alors que leur position est déjà faible sur certains marchés comme celui du cloud public.

L’idée des Européens est en fait de permettre l’émergence non de géants comme les opérateurs américains ou chinois, mais d’une galaxie d’opérateurs capables de fonctionner en réseau et d’apporter collectivement tous les services qu’Amazon, Microsoft, Alibaba et les autres concentrent aujourd’hui.





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