que sait-on de la future application de traçage des malades ?

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La France est prête à sauter le pas et à suivre l’exemple d’autres pays comme Singapour, qui ont mis en place une application de suivi des malades du Covid-19 pour mieux lutter contre la diffusion de la pandémie. On fait le point sur le sujet.
 

Quel est l’objectif de StopCovid ?

StopCovid est un projet d’application mobile de traçage numérique des malades du Covid-19. Elle est dite de type « contact tracing » : elle a pour objectif de rechercher des informations sur les rencontres faites par une personne contaminée. Il ne s’agit pas de prévenir les utilisateurs qu’ils se trouvent à proximité d’un individu infecté mais de les avertir après-coup qu’ils ont été en contact avec un malade. Et de les inciter à se faire tester et se confiner. L’espoir serait ainsi de limiter la diffusion du virus en identifiant plus facilement les chaînes de transmission.

Quel serait son fonctionnement ?

Le principe est de détecter tout rapprochement prolongé de moins de deux mètres entre deux personnes grâce aux ondes émises par nos smartphones. Chaque téléphone va détecter la présence d’un autre appareil et enregistrer les références de l’utilisateur dans son historique. « Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique », a expliqué le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O dans les colonnes du journal Le Monde.

Quelle technologie ?

Pas de GPS ni de triangulation des smartphones. Seule la technologie de courte portée du Bluetooth serait mise à contribution. Des incertitudes demeurent cependant sur les capacités du Bluetooth à fournir des données précises sur les distances entre les utilisateurs et donc de livrer des résultats fiables. Les faux positifs et négatifs risquent d’être inévitables. Des obstacles peuvent perturber les ondes et la façon dont sera porté le smartphone par l’utilisateur influe sur le signal.

Quelles données seront exploitées ?

Comme nous l’avons écrit plus haut, les utilisateurs ne seront pas géolocalisés. L’application ne pourra donc servir à surveiller les personnes ou vérifier qu’elles respectent le confinement. Les données seront également anonymisées,  chacun étant identifié par un code unique enregistré en local directement sur les smartphones. Des serveurs gérés par les autorités de santé stockeront les identifiants Bluetooth, de manière à envoyer les alertes. La CNIL a déjà averti qu’elle veillerait à ce que l’application ne fonctionne pas au-delà de la crise et que les données ne soient pas conservées non plus abusivement.

Qui pilote le projet ?

En France, le projet a été confié à l’Inria mais il repose sur une collaboration à l’échelle européenne et notamment sur la plate-forme PEPP-PT dans laquelle l’Institut Fraunhofer Heinrich Hertz est très impliqué. Parallèlement à cette démarche, Google et Apple viennent de s’associer pour fournir une API, un socle technique commun à ce type d’application.

Dans un second temps, ils envisagent de rendre leur système d’exploitation mobile Android et iOS directement compatibles avec des fonctionnalités de traçage numérique des patients. Le gouvernement français n’exclut pas d’avoir recours à l’API des deux géants américains, de même que de nombreux autres pays européens. Chris Boos, l’un des principaux chercheurs du PEPP-PT a déclaré à l’agence Reuters qu’il se félicitait des efforts des GAFAM, espérant que cela favorisera un déploiement plus rapide de ce type de solution.

Quand l’application sera-t-elle lancée ?

L’application est attendue pour accompagner la phase de déconfinement. « Je souhaite qu’avant le 11 mai nos Assemblées puissent en débattre, et que les autorités compétentes puissent nous éclairer », a déclaré le président Macron lors de sa dernière allocution télévisée. Le débat au parlement est prévu le 28 avril.

Qui sera concerné ?

Les Français qui le souhaitent. Le premier ministre Edouard Philippe a  exclu dès le 1er avril d’imposer un tel dispositif à tous. L’utilisation de l’application reposera sur une démarche volontaire. La CNIL compte bien s’assurer que le consentement obtenu reste éclairé, spécifique à la finalité, univoque et  libre. « Le refus de consentir ne doit pas exposer la personne à des conséquences négatives », a précisé la présidente de la CNIL Marie-Laure Denis lors de son audition à l’Assemblée nationale.

Quels sont les précédents ?

Depuis le début de la crise sanitaire, Orange et SFR ont fourni leur données mobiles agrégées et anonymisées pour observer les déplacements des Français. Mais il n’était pas là question de suivre individuellement des malades. L’initiative européenne du PEPP-PT s’inspire ouvertement de l’application TraceTogether, lancée précédemment à Singapour.

L’Allemagne a ouvert le feu en présentant le 7 avril dernier une première application baptisée Corona Datenspende à partir de la plate-forme PEPP-PT. Son usage reste toutefois très particulier puisqu’il s’agit de s’appuyer sur des montres connectées pour collecter les données physiologiques des utilisateurs. Une autre application similaire à StopCovid devrait toutefois suivre.



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