découvrez les propositions numériques des cinq principaux candidats à Paris

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D’après le dernier sondage d’Harris Interactive, les préoccupations principales des Parisiens pour les élections municipales sont la propreté (54 %), la sécurité (47 %) et les transports en commun (38 %).
Trois domaines dans lesquels les candidats ont imaginé – entre autres – des propositions qui font appel au numérique. À l’heure du tout-connecté, sa place dans les élections municipales est de plus en plus cruciale. Ce thème reflète, de manière assez claire, les positions idéologiques distinctes.

Les clivages sont loin d’être virtuels

Quand Rachida Dati (LR) parle de solutions innovantes, celles-ci sont avant tout au service du maintien de l’ordre et de la propreté. Agnès Buzyn (LREM) développe, quant à elle, un volet numérique autour de l’innovation et des nouvelles technologies pour les entreprises dans le giron gouvernemental de la « start-up nation ».
Auteur du rapport parlementaire sur l’intelligence artificielle, Cédric Villani (ex-LREM) y consacre, de son côté, tout un chapitre de son programme « pour le bien commun ». 
De son côté, Anne Hidalgo (PS) maintient son cap d’un Paris sans voitures, avec pour levier les alternatives tels que les véhicules électriques. Non loin de certaines de ses réflexions, la liste portée par David Belliard (EELV) incité à mettre la technologie au service de l’écologie. Un outil primordial à disposition de cette nouvelle matrice verte.

Pour y voir plus clair, voici un comparatif non-exhaustif des différentes propositions numériques des cinq principaux candidats à la mairie de Paris. Celui-ci s’appuie sur l’ordre issu des dernières estimations, publiées le 3 mars 2020 par Harris-Interactive. Rachida Dati se placerait première (25 %), talonnée par Anne Hidalgo (24 %), devant Agnès Buzyn (17 %) suivie de David Belliard (11 %) et Cédric Villani (8 %).

Rachida Dati veut plus de « vidéoprotection »

La candidate LR l’a répété à l’envi : le rôle d’un maire est avant tout d’assurer la sécurité et la propreté dans sa ville. Allié aux ressources humaines, le numérique offre un véritable terrain de jeu.

« Il faut remettre de l’ordre à Paris ! ». L’ancienne magistrate ne s’en cache pas et assume une ligne très sécuritaire dans la course municipale. S’appuyant sur l’exemple de Nice, Rachida Dati propose de multiplier par trois le nombre de caméras de « vidéoprotection » selon le vocabulaire choisi.
Leur nombre passerait de 1333 actuellement à 4000 si elle est élue. Le cadastre de ces caméras sera lui aussi établi selon une étude « rue par rue » selon le taux d’élucidation des crimes. La candidate LR propose également d’en équiper certains véhicules de patrouille de police. Une particularité : 150 caméras seront déployées dans les deux grands bois parisiens, à savoir Vincennes et Boulogne. 

Sur le volet propreté, Rachida Dati propose la mécanisation du ramassage de poubelle dans tous les arrondissements avec un budget de 70 millions d’euros étalé sur trois ans, « dans un premier temps », prévient-elle. La maire du 7e arrondissement voudrait également expérimenter la mise à disposition de distributeurs de ticket de transports contre le recyclage des bouteilles en plastique. 

Outre la sécurité et la propreté, la ligne directrice de « Dati pour Paris » est d’être « l’anti-Hidalgo ». « Une politique anti-voiture n’est pas une politique de déplacement », a martelé la maire du 7e arrondissement lors du dévoilement de son programme début février. Rachida Dati propose, elle aussi, l’électrification du parc automobile parisien. Toujours concernant les mobilités, la candidate de droite souhaite limiter la vitesse des trottinettes en ville et imposer le port du casque aux jeunes jusqu’à 12 ans. 

Si la voiture cristallise les débats, la régulation d’Airbnb semble faire consensus. La candidate LR propose de diminuer à 30 jours au lieu de 120 sur an la possibilité de partager son logement dans le « centre » de la capitale. Mais, de réduire seulement de 50 % soit 60 jours pour les arrondissements alentours. Le contrôle a priori des hôtes sera également renforcé :  Rachida Dati veut imposer le renseignement de leur numéro fiscal. 

Plus conventionnelle, la candidate LR suggère enfin plusieurs projets urbains innovants comme l’éclairage autorégulateur, des capteurs anti-pollution ou encore des détecteurs de places libres dans les parkings. 

Anne Hidalgo, un deuxième mandat 2.0 ? 

L’actuelle maire de Paris brigue un nouveau mandat avec un programme axé sur l’écologie et la proximité. Sur le volet numérique, comme pour le reste, elle défend son bilan.

220 000 mètres carrés dédiés à l’innovation, 1 000 start-up incubées, 259 jeux de données publiques mis à disposition, 14 plates-formes d’innovation, un data center propre à la ville… À l’instar de sa ligne générale de campagne, Anne Hidalgo dresse son bilan numérique après douze années passées à la mairie de Paris. Seule à défendre des actions menées à cette échelle, la liste « Paris en commun » plaide pour la continuité. Anne Hidalgo reste, par exemple, droite dans ses bottes quant à son intention du 100 % de véhicules propres d’ici 2030.

Sur le fond, certaines propositions numériques ne se différencient pas essentiellement des autres candidats. Elle veut établir une « charte de la donnée » pour « assurer la sobriété de l’usage des données, relocaliser le stockage de données et apporter des garanties environnementales sur les data centers utilisés ». Une idée que l’on retrouve chez Cédric Villani. La maire sortante propose également de développer une application unique pour « appliquer le principe du « dites-le nous une fois » aux démarches » dématérialisées de la ville. 

Seule à nommer Amazon directement, Anne Hidalgo souhaite néanmoins « renverser le rapport de force avec les plates-formes numériques » qu’elle juge « prédatrices ».
C’est pourquoi, l’actuelle maire de Paris propose la création d’une appli spéciale RGPD afin de permettre aux citoyens de connaître leurs droits et de les faire valoir auprès des acteurs du numérique.
Comme ses concurrents, la candidate socialiste pointe aussi du doigt la plate-forme de partage de logement Airbnb. Elle souhaite un référendum « à l’été » organisé dans chaque quartier. 

Plutôt étonnant, Anne Hidalgo propose également la création d’un « service public d’écrivains numériques ». « Au sein de chaque quartier, dans des kiosques citoyens, ces écrivains numériques pourront aider les personnes à réaliser leurs démarches en ligne », explique l’équipe de campagne.

Toujours pour favoriser l’inclusion numérique, la candidate socialiste imagine aussi le déploiement de projets pédagogiques relatifs au numérique dans les collèges de quartiers populaires pour sensibiliser les jeunes.
Dans la même logique, la maire sortante propose la création d’espaces dédiés au « fabriqué à Paris » et aux low tech. Des lieux qui serviront le « Paris du quart d’heure » imaginé par la candidate socialiste, où la capitale redevient une ville où tout est plus proche et donc accessible à pied ou à vélo en une quinzaine de minutes. 

À noter : l’intégralité du programme de Paris en commun est disponible en podcast. En moins de cinq minutes, les quatre grands thèmes de la campagne sont résumés.  

Agnès Buzyn : focus sur les start-up

Produit du « ni-ni », le programme numérique de LREM est peu fourni. Les principales propositions relèvent du monde entrepreunarial. Paris, capitale de la « start-up nation » ?

Précipitée dans la course pour la mairie, Agnès Buzyn récupère des propositions très axées sur l’aspect technologique du numérique afin de « permettre à chaque Parisien d’accéder aux outils numériques et à l’univers entrepreneurial ». Moins tranché, le programme LREM rend moins saillant les aspects numériques des mesures proposées. 

Comme ses concurrents, l’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé propose d’électrifier le parc automobile à la fois pour les citoyens lambda mais aussi pour les entreprises.
En parallèle, et sans trop de détails, le programme évoque un « meilleur déploiement des équipes de propreté » ou encore « une optimisation des  places de parkings disponibles ». Il est également question de créer une application unique « Ville de Paris » pour faciliter l’accès aux démarches citoyennes et privées en mairie.

« Le message d’Agnès Buzyn aux entrepreneurs est simple : nous avons besoin de vous ! », a déclaré Paul Midy, directeur de campagne Ensemble pour Paris dans un meeting à Station F, le repère des start-up parisiennes. Le numérique, ici, est vecteur d’innovations et de solutions technologiques, donc une réponse logique au constat dressé par le parti présidentiel : « la ville de Paris est à la traîne ».
L’équipe d’Agnès Buzyn insiste sur l’accès aux marchés publics des acteurs privés émergents, tels que les start-up dont une majorité sont installées à Paris. Il s’agit de créer une « ville écosystème » et « intelligente » selon le jargon habituel.  

À l’instar de la droite, la candidate LREM veut multiplier par quatre le nombre de caméras de vidéosurveillance dans les rues parisiennes. Le nombre total de ces appareils passerait à 5 332, incluant des dispositifs mobiles postés sur les véhicules de police. Si les mesures sécuritaires sont conséquentes, l’inclusion numérique occupe une place mineure dans la campagne d’Agnès Buzyn. 

Bilan : les propositions numériques vis-vis du citoyen lambda paraissent assez faibles, et semblent dirigées plutôt vers les entrepreneurs. 

David Belliard ou comment combiner vert et tech

La liste verte voit le numérique comme un outil « au service de » l’écologie – loin d’être une fin en soi. Pour défendre cette vision, l’échelon local est primordial. 

« On a besoin de vous car on est tous dans le même bateau », expliquait Émile Meunier, candidat dans le 18e en s’adressant aux entrepreneurs parisiens réunis à la Station F. Le message est clair : l’urgence écologique nécessite la mobilisation de toutes les forces. Celles de l’innovation et de la technologie aussi. Le programme d’EELV, porté par David Belliard, fait la part belle à un numérique « sobre », « ouvert » et « inclusif ». 

La sobriété en ville, ce pourrait être des lampadaires intelligents, un système de ramassage des poubelles optimisé ou encore un service de vérification de fonctionnement des produits électroménagers abandonnés sur les pavés, d’après les écologistes.
Seule liste à mentionner les enjeux d’obsolescence programmée, les Ecolos à la mairie veulent impulser et faciliter les initiatives liées à la réparation d’objets mais aussi valoriser les dons. Le rôle du maire de Paris est selon eux de connecter les acteurs engagés pour donner une « seconde vie aux objets »

Fervents militants de l’accès aux données, les Verts proposent d’aller plus loin dans l’open data. Ils souhaitent créer une sorte de tableau de bord avec toutes les données en temps réel. « C’est une question d’égalité. Je ne comprends pas pourquoi la mairie met tout à disposition alors qu’Uber n’est obligé de rien ! », s’insurge Émile Meunier, avocat avant d’être candidat.

Pour pallier ses lacunes, la liste écologiste suggère le partage des informations de manière dynamique et alimenté en permanence. « Il faut que le gros arrête de grossir et que les petits puissent en bénéficier », analyse-t-il.  L’équipe de David Belliard recommande également l’utilisation des logiciels libres pour préserver le libre arbitre des consommateurs et cultiver la diversité des solutions.

Pour favoriser l’inclusion, les Ecolos prônent la régulation. Une des priorités selon eux est de réduire de 15 000 logements le parc Airbnb, sur les 65 000 annonces disponibles à Paris, tout en diminuant à 45 le nombre de jours autorisés.

Même chose pour la « pagaille » des transports. Proposition qu’il partage avec la majorité des candidats, David Belliard propose une appli de service public qui regrouperait tous les types de mobilités et favoriserait l’intermodalité.
Plus surprenant, il souhaite la mise en place de capteurs « méduses » pour lutter contre les nuisances sonores. Ces micros qui ont déjà été expérimentés dans Paris pourraient être placés sur les chantiers, dans certaines rues, près des grands axes. 

Des micros oui, des caméras non. David Belliard s’y oppose frontalement. « Sortons du dogme de la vidéosurveillance ! », tranche-t-il sur les tracts des Verts. 

Cédric Villani, l’intelligence artificielle pour la ville 

Auteur du rapport parlementaire sur l’intelligence artificielle, Cédric Villani est, sans surprise, le candidat le plus à l’aise sur la question, quitte à être peu audible pour les non-initiés. 

« Expérimentation, partage et gouvernance ». Ce sont les trois mots que le mathématicien a choisi pour résumer son programme et faire de Paris « une ville numérique pour le bien commun ».
« Issu d’aucun système » mais soutenu par Paula Forteza, députée LREM très consciente des sujets numériques, il propose de miser sur la technologie et les algorithmes pour améliorer le quotidien des Parisiens, et notamment la mobilité.
Selon lui, les calculs mathématiques peuvent aider à fluidifier la circulation, en synchronisant les feux rouges ou en optimisant les places de parking. Pour sortir d’un cercle vicieux où toutes les mobilités sont « en compétition », Cédric Villani propose de penser un nouveau plan global pour la capitale. 

Fort de son expérience dans l’Essone, le député insiste également sur le pouvoir d’aide à la décision de l’intelligence artificielle. Cédric Villani veut en faire un outil d’optimisation des choix politiques et simplifier les tâches basiques.
« On peut imaginer des caméras mobiles parcourant les rues parisiennes pour relever, cartographier et analyser les zones les plus sales afin de mieux les nettoyer. Ou même les plus polluées pour relever le défi environnemental », a-t-il expliqué devant un parterre de start-upers à la Station F, un lieu qu’il a régulièrement fréquenté. 

S’auto-proclamant « candidat le plus écolo », Cédric Villani souhaiterait augmenter de 50 % les aides à l’achat d’un véhicule électrique. Pour combiner innovation et écologie, le scientifique promet la mise en place d’un concours « Green Tech » dans l’optique de stimuler la recherche.
Alliant deux de ses passions les maths et la musique, l’intellectuel suggère la création d’une résidence, la « Fabrique civique », sur l’île de la Cité, dans laquelle artistes et scientifiques se rassembleraient autour de l’innovation technologique.
Plus ludique et accessible, Cédric Villani propose aussi de développer une application mobile « Paris et son histoire » pour vivre en réalité augmentée le passé de la capitale française. Il veut d’ailleurs faire de la Gaîté Lyrique un laboratoire d’innovation. Enfin, plus ambitieux, il souhaite constituer un jumeau numérique de la ville… 

Une autre des mesures phares du candidat est la rédaction d’une charte composée de sept principes « pour ne plus subir les choix des acteurs du numérique ». Il s’agirait par exemple d’encadrer l’usage des données des habitants ou encore de minimiser l’impact environnemental des technologies numériques. Une invitation à « co-construire » la ville du future. 

Source : Dati pour Paris, Paris en commun, Paris ensemble, L’écologie pour Paris & Villani pour un nouveau Paris



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