Quels sont les dangers du cadmium pour la santé ?


Définition du cadmium

Le cadmium est un élément chimique naturellement présent dans les sols, l’eau et l’air. C’est un métal blanc argenté, mou et malléable, qui ternit progressivement au contact de l’air. Le cadmium figure parmi les toxiques majeurs pour la santé humaine, bien qu’il soit essentiellement méconnu du grand public. Le cadmium est le 65ème élément naturel le plus abondant de la croûte terrestre.​

Historiquement, le cadmium a été découvert et isolé au début du 19ème siècle. Aujourd’hui, vous le retrouvez dans diverses applications industrielles, notamment dans les revêtements anticorrosion, les batteries, les alliages et certains pigments de peinture. Cependant, c’est son accumulation dans la chaîne alimentaire qui constitue la menace majeure pour notre santé.

Le cadmium n’a aucun rôle physiologique dans votre organisme. Le métal lui-même et ses composés sont extrêmement toxiques, même à faibles concentrations. Contrairement à d’autres minéraux comme le zinc ou le fer, votre corps n’a nullement besoin de cadmium pour fonctionner. C’est précisément ce qui le rend si dangereux : il s’accumule progressivement sans bénéfice aucun.​

Où trouve-t-on le cadmium ?

Cadmium où en trouve-t-on ? La réponse est malheureusement partout. Le cadmium provient principalement des engrais phosphatés utilisés massivement en agriculture conventionnelle. Ces engrais, importés à plus de 90% de sources marocaines, contiennent des concentrations alarmantes de ce métal lourd. Tandis que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) recommande un maximum de 20 mg/kg de cadmium dans les engrais phosphatés pour stabiliser la contamination des sols, l’Union européenne autorise actuellement 60 mg/kg, et la France maintient des normes de 90 mg/kg.​

Le cadmium s’accumule progressivement dans les sols cultivés. Une fois présent, il pénètre les racines des plantes et contamine toute la chaîne alimentaire. C’est un cycle préoccupant : le cadmium du sol entre dans les végétaux, les animaux consomment ces végétaux contaminés, et finalement, vous consommez ces produits animaux ou végétaux chargés en ce métal toxique.​

Au-delà de l’agriculture, vous pouvez rencontrer du cadmium dans certaines zones industrielles, dans les fumées de combustion, dans les eaux côtières contaminées, et aussi dans le tabac. La consommation de tabac peut représenter jusqu’à 75% de l’absorption humaine en cadmium quotidienne.​

Cadmium dans l’alimentation : quels aliments contiennent du cadmium ?

quels aliments contiennent du cadmium ?

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Pratiquement tous les aliments contiennent du cadmium à des degrés variables. Cependant, certains aliments concentrent ce toxique bien plus que d’autres.​

Le pain et les produits de panification (pain, viennoiseries, biscottes) sont responsables de 22% et 13% respectivement de notre apport total en cadmium. Ces pourcentages énormes s’expliquent par la consommation massive de ces produits dans la population française. Une teneur moyenne de 19 µg/kg a été mesurée dans le pain.​

Les pommes de terre et leurs dérivés (frites, purée) représentent une source importante, avec une teneur de 21 µg/kg. Considérant votre consommation fréquente de pommes de terre, le danger du cadmium ne doit pas être ignoré. Les produits dérivés contribuent à hauteur de 12% et 14% de votre exposition totale.​

Les pâtes, le riz et les céréales complètes captent particulièrement bien le cadmium du sol. Le riz brun, le pain complet et le blé dur sont les plus concernés. Une teneur de 11 µg/kg a été mesurée dans les pâtes. Le blé dur, utilisé pour les pâtes et couscous, accumule le cadmium si efficacement que 5% des parcelles françaises de blé dur dépassent les seuils réglementaires.​

Les céréales du petit-déjeuner présentent un danger du cadmium particulièrement marqué pour les enfants. L’étude Esteban a démontré que les enfants consommant environ 20 grammes par jour de céréales du petit-déjeuner présentaient une imprégnation au cadmium augmentée de plus de 8,5% comparé à ceux en consommant très peu.​

Les légumes à feuilles, notamment les épinards, ainsi que les salades et autres crucifères comme les choux, peuvent accumuler du cadmium, surtout s’ils sont cultivés dans des sols surcontaminés.​

Les abats, particulièrement le foie et les reins, représentent les aliments les plus chargés en cadmium car ces organes animaux stockent les métaux lourds présents dans leur alimentation.​

Les fruits de mer et coquillages, incluant les moules, huîtres, coques, palourdes et autres mollusques bivalves, accumulent le cadmium depuis les sédiments côtiers contaminés. Ces produits affichent une teneur moyenne de 170 µg/kg, la plus élevée jamais mesurée dans l’alimentation.​

Le chocolat et la poudre de cacao concentrent également du cadmium en raison de la physiologie particulière du cacaoyer.​

DONNÉES DE CONTAMINATION ALIMENTAIRE

Teneurs documentées en cadmium dans les aliments français

Source : EAT2 et études de l’Alimentation Totale

Aliment Teneur (µg/kg) % d’exposition totale
Pain 19 22%
Pommes de terre 21 12-14%
Pâtes 11 Variable
Riz brun Variable Variable
Fruits de mer (moules) 170 Hautement toxique
Chocolat noir 0,8 mg/kg (limite UE) Variable selon consommation

Cadmium dans les céréales et pommes de terre : la contamination du quotidien

Je dois vous expliquer plus précisément comment cette contamination s’opère. Cadmium dans les céréales et le danger du cadmium dans ces cultures s’expliquent par un processus naturel : le cadmium du sol traverse les racines des plantes et se concentre particulièrement dans les enveloppes externes des grains.​

Quand vous consommez du riz brun au lieu du riz blanc, ou du pain complet plutôt que du pain blanc, vous consommez davantage de cadmium car les couches externes du grain en contiennent les plus fortes concentrations. C’est paradoxal puisque ces aliments complets sont généralement recommandés pour leur richesse en fibres et nutriments.

Concernant cadmium dans les pommes de terre, le mécanisme est similaire. Cette plante absorbe le cadmium via ses racines dans les sols contaminés, particulièrement en France où l’utilisation d’engrais phosphatés marocains riches en cadmium est massive.​

Entre les études nationales ENNS (2006-2007) et ESTEBAN (2014-2016), l’imprégnation moyenne au cadmium chez les adultes français a quasiment doublé, passant de 0,29 à 0,57 µg/g.​

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Pourquoi du cadmium dans le chocolat ?

Vous vous posez certainement cette question : pourquoi du cadmium dans le chocolat ? La réponse réside dans la physiologie du cacaoyer et la géographie des zones de culture.

Le cacaoyer concentre naturellement le cadmium du sol dans ses fèves. C’est un phénomène naturel lié à la physiologie de l’arbre, fortement étudié depuis 15 ans par les chercheurs. La concentration de cadmium dans le cacao est mise en relation avec la présence de sols d’origine volcaniques qui contiennent naturellement le cadmium.​

Les cacaos cultivés en Amérique latine (Équateur, Pérou, Colombie) présentent des teneurs particulièrement élevées en cadmium. Pourquoi ? Parce que les sols volcaniques des régions andines sont naturellement riches en cadmium. Ce danger du cadmium n’est donc pas une contamination industrielle ajoutée volontairement, mais une contamination d’origine géologique.​

L’acidité du sol influence également cette absorption. Un sol acide rend le cadmium plus soluble et plus facilement assimilable par les racines du cacaoyer.​

Le chocolat noir contient davantage de cadmium que le chocolat au lait, simplement parce qu’il renferme une proportion de cacao bien plus importante. Lors de la fabrication, le cadmium se concentre dans le chocolat final avec le cacao dont il provient.​

L’Union européenne a établi des limites maximales autorisées pour le cadmium dans le chocolat : 0,3 mg/kg pour le chocolat au lait, 0,8 mg/kg pour le chocolat noir avec plus de 50% de cacao, et 0,6 mg/kg pour la poudre de cacao. Malgré ces limites, la présence du cadmium dans le chocolat noir reste une source d’exposition non négligeable, particulièrement pour les enfants.​

Heureusement, le processus de fabrication du chocolat réduit partiellement la concentration en cadmium. L’élimination des coques de fèves (qui en contiennent une fraction importante) et le mélange de fèves d’origines diverses « diluent » le cadmium final.​

Danger du cadmium : les risques pour les reins

Le danger du cadmium pour votre santé est particulièrement accentué au niveau de vos reins. Ces organes constituent la cible primaire du cadmium, accumulation qui peut s’avérer catastrophique.​

Le cadmium s’accumule principalement dans vos reins où il provoque des dommages irréversibles. Une concentration de plus de 200 mg par kilogramme de tissu rénal chez l’adulte entraîne des lésions irréversibles. Ce qui est inquiétant, c’est que cette accumulation progresse linéairement avec l’âge jusqu’à un pic vers 50-60 ans.​

Le cadmium se fixe à environ 30-40% dans vos reins dès après son absorption intestinale. Une fois là, il se lie aux protéines de transport et commence son œuvre destructrice. Le danger du cadmium manifeste ses premiers effets par une entraînant une perte anormale de protéines par les urines (protéinurie).​

Au-delà de cette protéinurie précoce, le cadmium provoque progressivement une néphropathie tubulaire irréversible. Les cellules tubulaires rénales, qui jouent un rôle essentiel dans la filtration et la réabsorption sélective, se dégénèrent. Cette dégénérescence est suivie d’une réaction inflammatoire interstitielle, puis finalement d’une fibrose rénale.​

Selon l’ANSES, des effets rénaux apparaissent à partir de concentrations urinaires en cadmium de 1,1 à 15 µg/g de créatinine chez les personnes exposées professionnellement. Or, selon l’étude Esteban, près d’une moitié des adultes français présente une cadmiurie supérieure à la valeur recommandée par l’ANSES.​

L’exposition prolongée au cadmium entraîne une atteinte fonctionnelle tubulaire rénale qui continue d’évoluer négativement même après la cessation de l’exposition.​

Danger du cadmium : les troubles osseux et l’ostéoporose

Le danger du cadmium s’étend également à votre système osseux. Je dois vous expliquer le mécanisme par lequel ce métal affecte vos os car il est particulièrement préoccupant.

Le cadmium possède un rayon ionique extrêmement proche de celui du calcium. Cela signifie qu’il peut se substituer directement au calcium dans le cristal osseux. Cette substitution modifie les propriétés mécaniques de vos os, les fragilisant progressivement.

Une exposition prolongée au cadmium provoque une baisse de la densité minérale osseuse, augmentant considérablement votre risque d’ostéoporose et de fractures. Des études épidémiologiques suédoises portant sur plus de 2700 femmes âgées de 56 à 69 ans ont confirmé cette association.​

Le danger du cadmium s’aggrave particulièrement après la ménopause. La gravité des effets osseux augmente fortement chez les femmes ménopausées. Chez les animaux de laboratoire, le cadmium a démontré sa capacité à perturber le système hormonal et à aggraver la perte osseuse induite par un déficit hormonal.​

Le cadmium interfère avec le métabolisme de la vitamine D et l’hormone parathyroïdienne, deux éléments fondamentaux pour la santé osseuse.​

L’ANSES considère les effets osseux comme les effets les plus sensibles documentés à ce jour du cadmium.​

Danger du cadmium et augmentation des risques de cancer

Le danger du cadmium ne s’arrête pas aux reins et aux os. Ce métal a été classé comme cancérogène confirmé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2012.​

Une étude publiée au printemps 2023 a démontré que les personnes les plus exposées au cadmium présentaient d’importants surrisques de cancers.​

Le danger du cadmium au niveau de la cancérogénèse opère selon plusieurs mécanismes. Premièrement, le cadmium induit indirectement des espèces réactives de l’oxygène, créant un stress oxydatif massive au sein de vos cellules. Ce stress oxydatif endommage directement l’ADN en causant des cassures simples brins et une instabilité génomique.​

Deuxièmement, le danger du cadmium inclut l’inhibition des processus de réparation de l’ADN. À des concentrations sub-cytotoxiques, le cadmium interfère avec les mécanismes naturels qui corrigent les dommages génétiques.​

Troisièmement, en modulant l’expression des gènes et en perturbant les voies de signalisation cellulaire, le cadmium altère la prolifération cellulaire, la différentiation et l’apoptose (mort cellulaire programmée). Il inhibe notamment l’expression du suppresseur de tumeur p53.​

Le cadmium est particulièrement associé à l’augmentation du risque de cancer du pancréas, du rein, et de cancers hormonaux-dépendants comme celui du sein. Santé publique France a établi un lien potentiel entre la contamination croissante au cadmium et la flambée épidémiologique du cancer du pancréas observée ces dernières années.​

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L’exposition professionnelle au cadmium, notamment dans l’industrie minière ou métallurgique, a démontré une augmentation significative du cancer du poumon.​

Toxicité du cadmium : autres effets sur la santé

Le danger du cadmium ne se limite pas aux reins, os et cancer. Ce métal affecte de nombreux autres systèmes de votre corps.

Le cadmium provoque des troubles du cycle menstruel chez les femmes et affecte la santé reproductive. Il agit comme un perturbateur endocrinien, interagissant avec les récepteurs des œstrogènes.​

Chez les femmes enceintes, le danger du cadmium est particulièrement préoccupant. Plusieurs études récentes ont rapporté une diminution du périmètre crânien chez les nouveau-nés de mères exposées au cadmium, suggérant des effets potentiels sur le développement du cerveau fœtal.​

Le cadmium affecte votre système cardiovasculaire. Des études epidémiologiques ont montré que l’exposition chronique au cadmium augmente le risque de pathologies cardiovasculaires.​

Le danger du cadmium inclut des dommages au foie. Des atteintes respiratoires peuvent survenir, particulièrement en cas d’exposition professionnelle par inhalation.​

Le cadmium provoque également du stress oxydatif généralisé favorisant une inflammation chronique systémique.​

Comment éliminer le cadmium du corps ?

Vous vous demandez comment éliminer le cadmium du corps. La réponse honnête : c’est extrêmement difficile. L’élimination du cadmium est extrêmement lente, avec une demi-vie de plusieurs décennies dans votre organisme. Cela signifie qu’une quantité donnée de cadmium met entre 10 et 38 ans pour être réduite de moitié dans vos organes.​

C’est pourquoi la prévention et la réduction de l’exposition au cadmium demeurent les approches primordiales plutôt que d’espérer une élimination rapide après contamination.​

Le rôle du zinc dans la protection

Le zinc constitue votre principale protection naturelle contre le danger du cadmium. Le zinc et le cadmium partagent les mêmes transporteurs physiologiques au niveau intestinal. Cela signifie qu’avec un bon statut en zinc, vous réduisez significativement l’absorption intestinale du cadmium.​

Au-delà de cette simple compétition, un bon statut en zinc stimule la synthèse de métallothionéines, des protéines capables de séquestrer le cadmium dans votre foie et vos reins. Des études ont montré qu’une supplémentation adéquate en zinc est inversement associée à la concentration de cadmium dans le sang et l’urine.​

Les aliments riches en zinc à privilégier incluent les viandes rouges, la volaille, les légumineuses, les graines de courge et les noix de cajou. Pour les femmes, cette protection par le zinc est particulièrement importante car une carence martiale (insuffisance en fer liée aux menstruations) favorise l’absorption intestinale du cadmium.​

Le fer et le calcium : des compétiteurs essentiels

Un apport correct en fer limite l’absorption intestinale du cadmium par un simple mécanisme de compétition. Une carence martiale augmente fortement cette absorption. Les femmes ménopausées sont particulièrement à risque puisqu’un quart d’entre elles présentent des carences en fer.​

Le calcium, le magnésium et le cuivre jouent également des rôles protecteurs par des mécanismes de compétition au niveau de l’absorption intestinale.​

Les antioxydants : protéger contre le stress oxydatif

Le danger du cadmium favorise massivement le stress oxydatif. Pour combattre cet effet destructeur, vous devez augmenter vos apports en antioxydants naturels.

La vitamine C participe à la protection contre les métaux lourds et soutient vos systèmes de détoxification. La vitamine E, l’astaxanthine, et les polyphénols des fruits et légumes colorés offrent une protection antioxydante supplémentaire.​

La chélation naturelle : un processus complexe

La chélation est le processus par lequel certaines molécules se lient aux métaux lourds pour former des composés inactifs plus facilement éliminables par l’urine ou les selles.​

La chlorella, une microalgue d’eau douce, possède une paroi cellulaire unique capable de fixer le cadmium. Une étude coréenne a démontré que la chlorella améliore significativement l’excrétion du cadmium dans l’urine tout en réduisant son accumulation dans le foie et les reins. Des études humaines sur des patients atteints de la maladie d’itaï-itaï (due au cadmium) ont montré une accélération de 3 à 7 fois de l’excrétion du cadmium grâce à la chlorella.​

Cependant, les résultats optimaux requièrent une posologie régulière (3 à 5 g par jour) et une hygiène générale très stricte.​

D’autres plantes contribuent à la chélation naturelle du cadmium :

Le curcuma, grâce à sa curcumine, réduit la toxicité des métaux lourds en piégeant les radicaux libres et en activant vos enzymes hépatiques détoxifiantes.​

L’ail, particulièrement l’ail des ours, contient des composés soufrés et du sélénium atténuant la toxicité du cadmium.​

Le chardon-Marie soutient vos fonctions hépatobiliaires essentielles pour l’élimination des toxines.​

Le pissenlit stimule le foie et les reins, aidant à éliminer les métaux lourds accumulés.​

Le sélénium : un antidote contre le cadmium

Le sélénium représente un élément crucial souvent oublié. Le sélénium forme des complexes insolubles avec le cadmium, les rendant moins toxiques. Il stimule et protège également vos enzymes antioxydantes.​

L’importance des fibres alimentaires

Les fibres jouent un rôle de filtre digestif remarquable, réduisant l’absorption de molécules indésirables dont le cadmium.​

Prévention : réduire votre exposition au danger du cadmium

Puisque l’élimination complète du cadmium s’avère quasi-impossible, votre stratégie primordiale doit être préventive.

réduire votre exposition au danger du cadmium

réduire votre exposition au danger du cadmium

Diversifier votre alimentation

C’est LA règle d’or : ne jamais surconsommer une seule famille d’aliments. Variez aussi les origines géographiques des produits. Les teneurs en cadmium changent considérablement selon les sols. Un chocolat d’Amérique du Sud en contient beaucoup plus qu’un chocolat d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie du Sud-Est en raison des différences géologiques.​

Privilégier l’agriculture biologique

Une méta-analyse portant sur 343 publications scientifiques a démontré que les produits biologiques contiennent en moyenne 48% de cadmium en moins que leurs équivalents conventionnels. C’est une différence absolument significative qui justifie pleinement l’intérêt de vous tourner vers le bio.​

L’agriculture biologique interdit l’utilisation d’engrais phosphatés synthétiques. À la place, elle privilégie les matières organiques (fumier, compost, lisier) qui ne contiennent pas cet apport massif de cadmium.​

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Modérer votre consommation des aliments à risque

Limitez votre consommation de produits de la mer (mollusques, crustacés). Réduisez les abats à des consommations occasionnelles.​

Pour le chocolat, choisissez avec discernement. Privilégiez les chocolats dont le cacao provient d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie du Sud-Est plutôt que d’Amérique latine. Modérez la consommation, particulièrement pour les enfants.​

Laver et éplucher vos aliments

Bien que cela n’élimine pas complètement le danger du cadmium, laver soigneusement vos légumes et éplucher ceux qui s’y prêtent peut réduire légèrement votre charge en métaux lourds.​

Veiller à votre statut nutritionnel

Assurez-vous de couvrir correctement vos besoins en zinc, fer, calcium et magnésium. Ces minéraux limitent l’absorption intestinale du cadmium par compétition directe.​

Consommez régulièrement des aliments riches en vitamine C et en antioxydants pour limiter les dommages du stress oxydatif.​

La situation en France : une surexposition alarmante

Je dois vous parler franchement de la situation française, qui est particulièrement préoccupante. L’étude Esteban menée entre 2014 et 2016 a révélé une surimprégnation de la population française par le cadmium comparée aux autres pays européens et nord-américains.​

Entre l’étude ENNS de 2006-2007 et l’étude ESTEBAN de 2014-2016, l’imprégnation moyenne au cadmium chez les adultes français a quasiment doublé.​

79% des échantillons alimentaires couvrant presque 90% du régime total des Français ont révélé la présence de cadmium. Cela signifie que vous êtes pratiquement certain(e) d’être contaminé(e).​

Selon Santé publique France, près d’une moitié des adultes et près d’un enfant sur trois présentent une imprégnation à des doses supérieures aux valeurs recommandées.​

Les enfants français sont particulièrement touchés. Les garçons et filles de moins de 18 ans qui consomment environ 20 grammes par jour de céréales du petit-déjeuner ont une imprégnation au cadmium augmentée de 8,63%.​

La raison centrale de cette surexposition française réside dans nos importations massives d’engrais phosphatés marocains. Le Maroc produit du minerai de phosphate particulièrement riche en cadmium, et nous avons choisi de l’importer massivement sans mettre en place les restrictions nécessaires.​

Le danger du cadmium est réel, documenté scientifiquement et affecte massivement la population française. Ce métal ne disparaîtra jamais complètement de votre alimentation, mais vous disposez de moyens pour limiter votre exposition.

Ma recommandation principale : la prévention à travers la diversification alimentaire, la préférence pour les produits biologiques, un statut nutritionnel optimal en zinc et fer, et une consommation modérée des aliments les plus contaminés.

N’attendez pas de symptômes pour agir. Le danger du cadmium opère silencieusement, s’accumulant année après année dans vos reins et vos os. Vos enfants sont particulièrement vulnérables.

Vous avez le pouvoir de changer vos habitudes alimentaires aujourd’hui. Chaque décision de privilégier le bio, de varier vos sources de glucides, de modérer les fruits de mer ou le chocolat compte. La France doit également agir au niveau politique, en renforçant les limites de cadmium autorisé dans les engrais phosphatés, en subventionnant l’agriculture biologique, et en appliquant enfin les objectifs de 20% de produits bio dans la restauration collective.​

Liste des études et sources en références

ÉTUDES NATIONALES DE BIOSURVEILLANCE

Étude ENNS (2006-2007) – Étude Nationale Nutrition Santé

Titre : Étude Nationale Nutrition Santé
Année : 2006-2007
Institution : Santé Publique France
Description : Première étude française mesurant les niveaux d’imprégnation au cadmium de la population adulte française continentale. Résultats : cadmiurie moyenne de 0,29 µg/g de créatinine chez les adultes.
Lien : https://www.santepubliquefrance.fr/

Étude ESTEBAN (2014-2016) – Étude de Santé sur l’Environnement, la Biosurveillance, l’Activité physique et la Nutrition

Titre : Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition
Année : 2014-2016 (publiée en juillet 2021)
Institution : Santé Publique France
Description : Première étude française à mesurer les niveaux d’imprégnation au cadmium chez les enfants et adultes. Résultats alarmants : doublement de l’imprégnation moyenne au cadmium chez les adultes (0,57 µg/g de créatinine), 47% des adultes au-dessus du seuil critique, 18% des enfants au-dessus du seuil critique.
Lien : https://www.santepubliquefrance.fr/imprégnation-de-la-population-française-par-le-cadmium


ÉTUDES DE L’ALIMENTATION TOTALE (EAT)

EAT1 (2000-2004)

Titre : Première Étude de l’Alimentation Totale (EAT1)
Année : 2000-2004
Institution : INRA en collaboration avec l’ANSES
Description : Étude pionnière permettant d’estimer l’exposition de la population française aux contaminants inorganiques et minéraux dans l’alimentation.
Lien : https://www.anses.fr/

EAT2 (2006-2011) – Étude de l’Alimentation Totale Française 2

Titre : Étude de l’alimentation totale française 2 (EAT 2) : Tome 1 Contaminants inorganiques, minéraux, polluants organiques persistants, mycotoxines, phyto-estrogènes
Année : 2006 (collecte) – 2011 (publication)
Institution : ANSES
Description : Étude majeure couvrant 20 000 produits alimentaires représentant 90% du régime alimentaire français. Première à identifier des risques sanitaires liés au cadmium dans l’alimentation, notamment chez les enfants. Dépassements documentés de la Valeur Toxicologique de Référence (VTR) du cadmium.
Lien : https://www.anses.fr/fr/documents/PASER2006sa0361Ra1.pdf


AVIS ET RAPPORTS SCIENTIFIQUES DE L’ANSES

Avis ANSES sur l’exposition au cadmium (2014-2019)

Titre : AVIS relatif à l’Exposition au cadmium (CAS n°7440-43-9)
Année : 2014-2019
Institution : ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)
Description : Avis complet sur la toxicité du cadmium, établissant :

  • Valeur Toxicologique de Référence (VTR) : 0,35 µg/kg de poids corporel par jour
  • Concentration critique urinaire : 0,5 µg/g de créatinine à 60 ans
  • Recommandation d’abaisser le cadmium dans les engrais phosphatés de 60 mg/kg à 20 mg/kg
  • Identification des effets critiques : ostéoporose et fractures osseuses
    Lien : https://www.anses.fr/

Avis ANSES « Exposition au cadmium : l’Anses propose des valeurs » (2014)

Titre : Exposition au cadmium : l’Anses propose des valeurs limites du cadmium
Année : 2014
Institution : ANSES
Description : Publication majeure des nouvelles valeurs toxicologiques de référence et recommandations de réduction de cadmium dans les matières fertilisantes.
Lien : https://www.anses.fr/exposition-au-cadmium-lanses-propose-des-valeurs



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Cet article a été écrit par affinite