Dyspraxie adulte : visuelle, spatiale, test, traitement



La dyspraxie empêche de réaliser certains gestes du quotidien et affecte notamment la capacité à se situer dans l’espace. Elle touche 5 à 7 % des enfants. Chez les adultes qui n’ont pas été diagnostiqués enfant, la démarche diagnostic peut être difficile.

La dyspraxie touche 5 à 7 % des enfants de 5-11 ans, mais elle peut également être diagnostiquée chez l’adulte quand elle n’a pas été détectée pendant l’enfance. Ce trouble développemental durable affecte par exemple la planification, l’organisation, l’exécution ainsi que l’automatisation des gestes. 

Quelle est la définition de la dyspraxie ? 

La dyspraxie fait partie des handicaps invisibles. Il s’agit d’une perturbation de la capacité à effectuer certains gestes et activités volontaires du quotidien. Elle est due à un dysfonctionnement de la zone du cerveau qui commande la motricité. On parle de TDC, trouble développemental de la coordination ou TAC, trouble des acquisitions des coordinations. “Les gestes du quotidien s’acquiert normalement par répétition au point de devenir automatiques. Dans la dyspraxie, on observe un problème d’automatisation du geste. Ainsi les gestes sont réalisés sous contrôle intentionnel, pas toujours de la bonne façon et avec beaucoup plus de lenteur. Cela limite en outre la double tâche car l’attention est déjà sollicitée“, explique Delphine Dechambre, ergothérapeute

Quels sont les symptômes de la dyspraxie chez l’adulte ? 

Chez l’adulte, on retrouve les mêmes troubles de coordination que chez l’enfant. “Chez les adultes non-diagnostiqués, on s’en rend compte alors qu’on échoue dans la réalisation de gestes du quotidien, dans l’apprentissage de nouvelles tâches au travail, qu’on ne parvient pas à s’insérer professionnellement pour ces raisons. On est plus maladroit, plus lent, on ne parvient pas à réussir l’examen du permis de conduire… Ces problématiques deviennent source d’inquiétude et c’est à ce moment-là que les adultes décident d’entamer une démarche diagnostic“, expose la spécialiste. Outre les troubles moteurs, la dyspraxie est aussi responsable de troubles visuospatiaux. Le patient présente des difficultés à organiser son regard, situer les éléments les uns par rapport aux autres dans l’espace ou s’orienter par rapport à son corps énumère le site de l’Assurance Maladie.

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La dyspraxie ne survient pas au cour de la vie spontanément, ou après un événement comme un accident de la route par exemple. On nait dyspraxique et on le reste tout au long de la vie. 

Y a-t-il un test pour diagnostiquer la dyspraxie chez l’adulte ? 

Si un enfant prend du retard dans l’apprentissage de l’écriture, s’il peine à nouer ses lacets ou boutonner ses vêtements, le diagnostic pourra être posé rapidement. Chez l’adulte, ni l’entourage ni le patient n’est particulièrement vigilant à ces signes. Le handicap est de mieux en mieux connu chez les enfants qui sont désormais bien mieux diagnostiqués. Aujourd’hui, de plus en plus d’adultes, passés au travers des mailles du filet enfant, se font diagnostiquer. “Chez les adultes, le diagnostic viendra d’une initiative personnelle, qui nécessitera des prescriptions médicales pour solliciter des bilans paramédicaux. Le médecin devra ensuite faire la synthèse de ces bilans afin de poser le diagnostic“, complète Delphine Dechambre. Les évaluations de motricité seront réalisées par un psychomotricien ou un ergothérapeute. Des évaluations psychométriques peuvent aussi être menées afin d’évaluer notamment l’efficience intellectuel du patient – ce qui permet d’écarter d’autres diagnostics possibles. “Car il n’y a pas de déficience intellectuelle dans la dyspraxie“, rappelle la professionnelle. On peut aussi faire des tests neurovisuels, réalisés cette fois par des orthoptistes spécialisés. La plupart des tests parmi les plus connus et utilisés en France sont adaptés à des âges correspondant à l’enfance. “Il est donc important que le praticien connaisse la dyspraxie et aille chercher des tests adaptés aux adultes, souvent dans les ressources nord-américaines“, souligne l’ergothérapeute. 

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Qui consulter ?  

Plusieurs spécialistes peuvent donc être concernés : le médecin généraliste en premier lieu puis, en fonction des tests demandés, le psychomotricien, l’ergothérapeute, le neuropsychologue, l’orthoptiste neurovisuel. 

On ne soigne pas de la dyspraxie mais on développe des stratégies pour mieux vivre avec. L’objectif de la prise en charge est d’améliorer le quotidien et la réalisation des tâches.Il s’agit d’identifier les gestes que la personne souhaite réaliser et pour lesquels elle se trouve empêcher par ses troubles moteurs. On trouve des compensations quand c’est possible, comme un clavier d’ordinateur pour l’écriture, mais ce n’est pas toujours possible. On peut décomposer les tâches, décortiquer chaque activité, afin de trouver où ça coince et travailler dessus. Le geste ne deviendra jamais automatique mais à force de travail, il sera facilité“, explique Delphine Dechambre. Celle-ci ajoute que les demandes des adultes sont souvent bien plus précises que pour les enfants, car ils ont déjà identifié quelles tâches et activités leur posaient problème. “Enfin, si nécessaire, la demande de reconnaissance du handicap peut être bénéfique dans l’emploi et la mise en place de stratégie pour faciliter le quotidien du salarié“, conclut la spécialiste.  

Merci à Delphine Dechambre, ergothérapeute.



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