Germinal sur France 2 : comment a été tournée la scène de la mort de Maheu ? – News Séries à la TV



Alors que France 2 clôture ce soir la série évènement Germinal avec la diffusion des deux derniers épisodes, le réalisateur David Hourrègue s’est livré au micro d’Allociné sur une scène forte de l’épisode 5.

Attention, spoilers. Il est conseillé d’avoir vu la série Germinal ou d’avoir lu l’œuvre d’Émile Zola avant de poursuivre la lecture de cet article.

Clap de fin ce soir pour la série évènement de France 2 avec la diffusion des deux derniers épisodes de Germinal.

Et pour recréer l’atmosphère des cités minières du XIXe dépeinte par Émile Zola, il aura fallu pas moins de six mois de tournage, 2 400 figurants ainsi qu’une centaine de techniciens.

Bien que reprenant un classique de la littérature française maintes fois porté à l’écran, cette adaptation réalisée par David Hourrègue se veut moderne et audacieuse en proposant une relecture contemporaine du roman de Zola à l’aune des préoccupations du XXIe siècle.

Pari réussi puisque Germinal avait remporté le prestigieux Prix du public lors du festival Séries Mania en août dernier.

Dans l’avant-dernier épisode, les ouvriers des mines de Montsou ne cèdent rien alors que la révolte ne cesse de gagner en intensité avec en point d’orgue l’arrivée d’ouvrier belges venus relancer la production.

Une fois encore, la colère des mineurs finira par dépasser Étienne (Louis Peres). N’ayant plus rien à perdre, ils font front aux soldats envoyés pour leur interdire l’accès au Voreux. Pour eux, c’est désormais la lutte finale portée par des semaines de drame et de privations. Au moment où ils avancent vers les soldats, ces derniers tirent et parmi ceux qui tombent, se trouve Maheu (Thierry Godard).

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Une scène forte dont l’intensité est renforcée par le choix du recours aux ralentis. L’image évoque alors une fresque de maître cherchant à immortaliser la dramaturgie de l’instant à travers les corps et les visages meurtris.

« J’aime mettre le ralenti là où ne l’utilise pas. » expliquait David Hourrègue au micro d’Allociné pour l’émission Spotlight enregistrée au festival Séries Mania.

« Utiliser très subtilement, même parfois de façon imperceptible, le ralenti pour traiter ce que j’appelle les “instants suspendus”, c’est le mantra. Ne passons pas à côté des silences, ne passons pas à côté de ce qui se raconte. ».

Et de poursuivre, « dans la séquence de la mort de Maheu, le texte était assez fidèle [à l’œuvre originale]. J’étais convaincu que cela ne suffirait pas. Dans ce cas-là, tu convoques un peu de magie. On commence à tourner, on fait toute l’arrivée des mineurs. Quand je lance les coups de feu, je crie tout de suite “figez-vous” parce que j’ai eu l’impression de voir un tableau de Delacroix.”.

David Hourrègue décide ensuite de saisir l’instant pour capturer les silences, les non-dits et les regards de ses acteurs. 

« Je lance la musique qui accompagne [la séquence] et je dirige mon steadicameur pour qu’il aille chercher chaque regard. On a ce moment incroyable avec Catherine et la Mouquette avec le vent qui les balaye. Normalement, sur ce genre de séquence, tu as toujours un figurant au fond qui ne comprend pas. Mais là, tout le monde s’est figé. Une prise. On coupe. Silence totale sur le plateau.

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Ce moment-là, est devenu charnière. Tu le vis sur le plateau et tu n’as qu’un espoir c’est que quand tu le vois au montage cela ne soit pas complètement à côté. On le montre au montage et la magie opère. ».  

 



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