nombre de cas, décès, où la situation se dégrade ?


CORONAVIRUS EN DIRECT. L’épidémie de coronavirus s’est aggravée en France : 12 148 nouveaux cas, 47 décès à l’hôpital ont été enregistrés ces 24 dernières heures. La mortalité est en hausse en France indique l’Insee. Chiffres, cartes, point par zones d’alerte, et dernières infos en direct.

[Mise à jour le vendredi 2 octobre à 19h07] En France, l’épidémie continue sa progression. Pire “nous sommes dans une phase d’aggravation” a annoncé Olivier Véran lors d’une conférence de presse jeudi 1er octobre. Les taux de positivité des prélèvements sont en hausse, notamment chez des personnes présentant des symptômes. Les nombres de clusters se maintiennent à des niveaux élevés (1234 en cours) et sont très certainement sous-estimés. Les nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation poursuivent leurs augmentations tout comme le nombre de décès liés au Covid-19 (+136 en 24 heures, dont 89 dans les Ehpad). L’Insee constate un “excédent de mortalité” sur la période du 1er mai au 21 septembre, notamment chez les personnes de 65 à 74 ans (+4% de décès par rapport à 2019). 66 départements sont en situation de vulnérabilité élevée. La situation est particulièrement critique dans 5 métropoles : Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne ainsi qu’à Paris et en petite couronne. L’incidence du virus est élevée, le taux d’occupation en réanimation s’élève à 25% (30% étant le seuil d’alerte). “Nous pourrions être conduits la semaine prochaine à placer ces territoires en zone d’alerte maximale” a prévenu Olivier Véran. Selon les chiffres de dimanche, de nouvelles mesures restrictives pourraient entrer en vigueur dès lundi 5 octobre. “Plus de fêtes de famille, de soirées, fermeture totale des bars” ont notamment été cités par le ministre. Lors de sa conférence de presse, il a précisé qu’actuellement 10 malades Covid-19 en contaminent 13 (ce chiffre était à 30 lors de la première vague) et que le nombre de malades double tous les 15 jours (contre tous les 3 jours lors de la première vague). Il a rapporté un “début d’embellissement” à Marseille, Nice et Bordeaux où des mesures strictes ont été mises en place. Des points hebdomadaires avec le Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé, vont être remis en place, comme au début de l’épidémie en France, a indiqué Olivier Véran. Nombre de cas, décès, personnes en réanimationclustersR0 en France… Chiffres du jour.

Dernières infos en direct :

  • Hausse de la mortalité chez les 65 à 74 ans. Le nombre de décès, toutes causes confondues, a connu en France un “léger excédent” entre le 1er mai et le 21 septembre par rapport aux mêmes périodes de 2018 et 2019, a indiqué ce vendredi l’Insee. Cette hausse “légère” concerne surtout les personnes âgées de 65 à 74 ans (+4% de décès par rapport à 2019), alors que la mortalité est stable pour les 75 ans et plus (+0,5%). 
  • Restaurants à Marseille et Aix. Le Haut Conseil de la Santé publique examinera d’ici lundi 5 octobre le protocole proposé par les restaurateurs et les élus locaux d’Aix-en-Provence et Marseille, pour permettre au gouvernement de trancher sur la possibilité de laisser ouverts les bars et restaurants totalement fermés depuis lundi dernier.
  • Point Covid-19 à l’école. Selon le ministère de l’Education nationale, 4 636 élèves et 1031 professeurs ont été contaminés par le Covid-19 ces sept derniers jours, et 578 cas ont été confirmés chez les élèves et 173 chez les professeurs en seulement 24h. En tout, 290 classes et 14 écoles ont dû fermer : 6 à Aix-Marseille, 5 en Guyane, une à Clermont-Ferrand, une à Toulouse et une en Normandie.
  • Grève le 15 octobre. La CGT-Santé, SUD-Santé, les urgentistes de l’Amuf, les infirmiers du SNPI, ainsi que les collectifs Inter-Urgences et Inter-Blocs ont appelé vendredi à une journée de mobilisation et de grève nationale le 15 octobre. Dans un communiqué commun, ces organisations réclament “des embauches massives immédiates” et une “revalorisation significative des salaires”, et interpellent le gouvernement : “Sans signal fort, la deuxième vague de Covid-19 risque de faire s’écrouler notre système de santé et d’action sociale”. 
  • Prolongation du régime transitoire. Les députés ont adopté à l’Assemblée nationale, en première lecture, le projet de loi prolongeant la durée du régime transitoire institué à la sortie de l’état d’urgence sanitaire, jusqu’au 1er avril 2021. Ce régime devait prendre fin le 30 octobre 2020. Le gouvernement peut ainsi continuer d’appliquer des mesures restrictives selon l’évolution de l’épidémie (fermer les restaurants, restreindre les déplacements…).
  • Moins d’écoles fermées à cause du Covid-19. Selon le ministère de l’Education nationale, 14 établissements scolaires et 290 classes sont fermés à cause de cas positifs au Covid-19, un chiffre en baisse par rapport à la semaine dernière. Dans le détail, 12 écoles (sur 50 100) sont fermées et deux collèges (sur 7200). Parmi les élèves, 4 636 sont des cas confirmés (sur 12,4 millions) et 1 031 cas sont recensés parmi les personnels (sur un total de 1,16 million).
  • Réouverture des salles de sport à Paris plus tôt que prévue ? Le tribunal administratif de Paris a demandé au Préfet de revoir son arrêté sur la fermeture des salles de sport. Le juge des référés estime qu’il doit faire des distinctions entre les pratiques afin de permettre les activités sportives individuelles et les cours collectifs dans lesquels il n’y a aucun contact (yoga par exemple). 
  • Nouveau protocole sanitaire à venir dans les restaurants. Le gouvernement a demandé aux restaurateurs de faire plusieurs propositions pour tenter de limiter les pertes du secteur avec les fermetures imposées par endroit à cause de la pandémie. “Les représentants de la profession sont prêts à retravailler dès maintenant avec le Ministère de la Santé pour adapter et au besoin renforcer le protocole sanitaire ; ils sont disposés à proposer de nouvelles mesures de suivi de l’épidémie et de protection des clients et des collaborateurs pour éviter une extension des mesures prises la semaine dernière à d’autres métropoles” fait savoir l’Umih dans un communiqué du 29 septembre. Parmi les nouvelles mesures envisagées ; la prise de la température à l’entrée du restaurant, la mise en place d’un “cahier de rappel” avec la prise des coordonnées de chaque client en cas de cas positif et la limitation à 8 du nombre de convives à une même table.
  • Salles de sport fermées jusqu’au 12 octobre dans les Alpes-maritimes. Le juge des référés du tribunal administratif de Nice a rejeté la demande du syndicat professionnel France Active, et des sociétés l’Orange bleue, Basic Fit, Fitness Park, l’Appart Fitness et Keep Cool. Les salles de sport et de fitness resteront donc fermées jusqu’au 12 octobre au moins, comme le prévoit l’arrêté préfectoral.
  • Des anticorps de courte durée contre le Covid-19. Une étude canadienne, publiée jeudi 1er octobre dans la revue scientifique américaine Blood montre que le taux d’anticorps du plasma sanguin diminue au cours des trois premiers mois suivant le début des symptômes d’une infection au nouveau coronavirus. Le plasma sanguin de personnes convalescentes du Covid-19 est actuellement étudié pour voir s’il peut permettre à des malades de guérir via la transmission d’anticorps. Les chercheurs canadiens ont suivi 15 adultes parmi 282 donneurs de plasma. In fine, chaque participant a montré une diminution des anticorps environ 88 jours à compter des premiers symptômes. “Les anticorps disparaissent rapidement, de sorte que les personnes qui se remettent du COVID-19 et qui souhaitent faire un don de plasma sanguin ne devraient pas attendre trop longtemps une fois qu’elles sont éligibles au don”, a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Renee Bazin.
  • Cas contact à risque. Les personnes reconnues par l’Assurance Maladie comme “cas contact à risque” peuvent demander un arrêt de travail directement en ligne sur le site d’Ameli.fr à partir du 3 octobre.
  • La France, zone à risque pour l’Allemagne. L’Allemagne a ajouté la France à la liste des zones considérées à risque en raison du nombre élevé de contaminations au coronavirus, à la seule exception de la région du Grand-Est.
  • Recherche de volontaires pour tester de possibles vaccins en France. L’Inserm a lancé une plateforme le 1er octobre, CoviReivac, afin d’inviter 25 000 Français volontaires à s’inscrire pour participer à des essais cliniques de grande ampleur sur des candidats vaccins au Covid-19.

Quelles sont les nouvelles mesures en France ?

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Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé lors d’une conférence de presse du mercredi 23 septembre, une série de nouvelles mesures restrictives face à la reprise de l’épidémie en France. Certaines mesures sont entrées en vigueur le samedi 26 septembre, d’autres le lundi 28 septembre pour une durée de 2 semaines minimum (au moins jusqu’au 11 octobre). De nouvelles mesures restrictives pourraient intervenir à partir de lundi prochain, 5 octobre, dans les villes de Paris (et la petite couronne), Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne si la situation ne s’améliore pas, a prévenu Olivier Véran le 1er octobre lors de sa conférence de presse à l’hôpital Bichat. Ces villes passeraient alors en “zone d’alerte maximale” comme c’est le cas pour la Guadeloupe et la métropole Aix-Marseille actuellement.

classement ville covid
Classement des territoires en fonction de la circulation du virus au 1er octobre © Ministère de la Santé

En Guadeloupe et dans la métropole Aix-Marseille (“zones d’alerte maximale”) : 

  • Fermeture totale des bars et restaurants en Guadeloupe, et à Aix-en-Provence et Marseille. La vente à emporter et la livraison restent possibles. 15 autres communes des Bouches-du-Rhône sont concernées par cette restriction entre 22h et 6h du matin, dont Arles, Martigues, La Ciotat, Gardanne… 
  • Fermeture de l’ensemble des établissements recevant du public en Guadeloupe, et dans la région Aix-Marseille, sauf s’il existe un protocole sanitaire strict déjà mis en place, comme dans les théâtres, les musées, les cinémas… Ces lieux culturels qui ne sont pas concernés par les mesures de fermeture.

A Paris et les départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94)), Lyon, Lille, Montpellier, Bordeaux, Grenoble, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Toulouse, Nice (“zones d’alerte renforcée”) : 

  • Rassemblements limités à 1000 personnes (simultanément)
  • Interdiction des grands événements déclarés comme les fêtes locales ou les fêtes étudiantes
  • Interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public (plages, parcs, jardins, digues, forêts, espaces fluviaux, brocantes, vide-greniers, cérémonies…) depuis le 26 septembre. Sont exclues les manifestations revendicatives déclarées et les cérémonies funéraires, les transports en commun et les marchés alimentaires.
  • Fermeture anticipée des débits de boissons (bars et bistrots ayant uniquement une licence IV) à 22 heures (voire plus tôt si le Préfet le décide) depuis le lundi 28 septembre. Cette mesure ne concerne pas les restaurants ayant une licence de grande restauration qui pourront rester ouverts, à condition de respecter un protocole sanitaire strict.
  • Fermeture des clubs de sport, des salles de sport et des gymnases depuis le 26 septembre sauf pour les activités scolaires et périscolaires et pour les entraînements des sportifs professionnels de haut niveau. Précisions : les piscines restent ouvertes dans les conditions habituelles à Paris et Rennes, uniquement pour les scolaires, les mineurs et les sportifs de haut niveau à Lille et à Lyon. Les vestiaires collectifs sont fermés.
  • Fermeture des salles polyvalentes dédiées aux activités festives et associatives depuis le lundi 28 septembre.
  • Interdiction de la  vente d’alcool à emporter et consommation d’alcool sur la voie publique entre 20h et 6h (dans certaines villes comme Paris, Lille ou Toulouse par exemple) depuis le 28 septembre.
  • Interdiction de la diffusion de musique sur la voie publique ou audible depuis la voie publique de 22h à 6h (le décret a été pris à Paris et sa petite couronne, Lille, Toulouse…) depuis le 28 septembre.
  • Interdiction d’organiser ou de participer à un événement à caractère festif ou récréatif dans un établissement recevant du public. Particulièrement, les fêtes de mariage (hors cérémonie civile ou religieuse), les soirées étudiantes, les événements festifs organisés dans des lieux spécialement loués pour l’occasion.

Dans 71 départements (“zones alerte”) :

  • Rassemblements limités à 30 personnes dans l’espace public (fêtes, mariages, tombola, évènements associatifs, communion, anniversaires). Les salles des fêtes et polyvalentes doivent désormais respecter cette jauge de 30 personnes. 
  • Autorisation des représentations théâtrales, les concerts et tous les rassemblements culturels et artistiques, dans la limite de 1000 personnes, avec des places assises exclusivement, un espacement entre les tribus et le port du masque.
  • Distance d’un siège entre 2 personnes ou groupes de moins de 10 personnes dans les établissements sportifs et culturels.

Par ailleurs, dans ces métropoles, le ministre a indiqué que le télétravail devait être favorisé autant que possible, en particulier pour les publics vulnérables. Il faut également limiter les rassemblements privés, “tous les contacts sociaux sans masque doivent être évités au maximum” a expliqué Olivier Véran. Les contrevenants seront verbalisés et les établissements recevant du public en infraction avec les règles sanitaires feront systématiquement l’objet de procédures administrative pouvant aller jusqu’à une fermeture.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a présenté le 23 septembre, la nouvelle carte de la France découpée en 5 zones selon le taux d’incidence qui mesure l’intensité de la circulation du virus, le taux d’incidence chez les personnes âgées de 65 ans et + et la part des patients Covid+ dans les réanimations.

carte zone d'alerte france covid
Carte de la France découpée par zones d’alerte au 23 septembre 2020 © Ministère de la Santé

→ vert (gris sur la carte) : 32 départements

rose : zone en “alerte” car plus de 50 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, 71 départements.

carte france covid zone alerte rose
Carte des zones en alerte (couleur rose) en France au 23 septembre 2020 © Ministère de la Santé

→ rouge : zone en “alerte renforcée” car plus de 150 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants et plus de 50 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans. Bordeaux Lyon Nice Lille Toulouse  Saint-Etienne Rennes Rouen Grenoble Montpellier Paris Hauts-de-Seine Seine-Saint-Denis Val-De-Marne.

carte rouge covid départements
Carte des zones en alerte renforcée (couleur rouge) au 23 septembre 2020 © Ministère de la Santé

→ rouge écarlate : zone en “alerte maximale” car plus de 250 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, plus de 100 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans et 30% de patients Covid+ en réanimation. Ce sont à date la métropole Aix-Marseille et la Guadeloupe.

→ noir : zone en état d’urgence sanitaire car plus de 250 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, plus de 100 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans et 60% de patients Covid+ en réanimation. Aucun département n’est en noir pour le moment.

Pendant la première vague, 10 malades en contaminaient 30, contre 13 aujourd’hui. Tous les 3 jours environ, le nombre de malades doublaient, contre tous les 15 jours désormais.

En France métropolitaine, la circulation virale se poursuit à un niveau élevé. Les nouvelles hospitalisations et les nouvelles admissions en réanimation poursuivent leurs augmentations. Le nombre de décès liés au COVID-19 est également en augmentation, notamment dans les établissements de santé. Les nombres de clusters se maintiennent à des niveaux élevés mais sont très certainement sous-estimés, prévient Santé Publique France dans son bulletin du 1er octobre. L’augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit : chez les personnes de 75 ans et plus, le nombre de cas a été multiplié par 4 depuis la mi-août. Selon les derniers chiffres de Santé publique France, au vendredi 2 octobre, la France fait état de 12 148 nouveaux cas de coronavirus recensés en 24h (surtout chez les jeunes adultes) et 47 nouveaux décès à l’hôpital, et 89 décès dans le Ehpad (durant les 7 derniers jours). Il est observé une nette augmentation du nombre de nouveaux clusters détectés en France.

• 32 155 personnes sont décédées en France

• 3 998 nouvelles hospitalisations en 7 jours

1 234 clusters en cours d’investigation (+78 en 24 heures)

Où en est-on par rapport à la première vague du mois de mars ? “On a vu que le coronavirus pouvait circuler très vite, a rappelé Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Pendant la première vague, 10 malades en contaminaient 30, qui la semaine d’après en contaminaient 90… Tous les 3 jours environ, le nombre de malades doublaient. L’épidémie allait très vite. Aujourd’hui les choses ont changé, nous avons appris collectivement à lutter contre le coronavirus. Le nombre de malades double tous les 15 jours. 10 malades en contaminent 13.” Au niveau national, les nouvelles hospitalisations, les admissions en réanimation pour COVID-19 et les nombres de décès restent à des niveaux modérés en comparaison à la situation observée en mars-avril 2020, mais la poursuite de la circulation du virus chez les personnes les plus âgées, fait craindre la poursuite des hospitalisations et des décès dans les semaines à venir.

carte taux d'incidence du coronavirus en france octobre 2020
Carte du taux d’incidence du virus Sars-CoV-2 (nombre de tests PCR positifs) par région de France au 1er octobre 2020 © Gouvernement.fr

 Les personnes âgées de 15 à 44 ans restent les plus touchés par le SARS-CoV-2

 

Le nombre de nouvelles contaminations de coronavirus augmente fortement en France. Au 2 octobre, Santé Publique France rapporte un total de 589 653 cas confirmés de coronavirus depuis le début de la pandémie. 12 148 de plus sur les dernières 24 heures. Les personnes âgées de 15 à 44 ans restent les plus touchés par le SARS-CoV-2, suivis ceux de 45-64 ans, indique Santé Publique France dans son point hebdomadaire du 1er octobre. Chez les personnes de 75 ans et plus, le nombre de cas hebdomadaire a été multiplié par 4,3 depuis la mi-août. L’augmentation de cas chez les personnes âgées est inquiétante car ces personnes sont parmi les plus à risque de complication de COVID-19. Sur un total de 67 millions d’habitants, cela représente 0,74%. Le pic épidémique a été observé la semaine du 23-29 mars, soit une semaine après la mise en œuvre des mesures de confinement de la population générale, le 17 mars 2020. Depuis mi-juin, le nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 augmente régulièrement. 

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Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 27 septembre 2020 (données au 30 septembre 2020)

courbe evolution cas covid
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 27 septembre 2020 (données au 30 septembre 2020) © Santé Publique France

Nombre de cas et de personnes-contacts à risque identifiés par semaine du 13 mai 2020 au 27 septembre 2020 (source : ContactCovid – Cnam)

Nombre de cas* et de personnes-contacts à risque identifiés par semaine du 13 mai 2020 au 27 septembre 2020
Nombre de cas* et de personnes-contacts à risque identifiés par semaine du 13 mai 2020 au 27 septembre 2020 © Santé Publique France

Les notifications de nouvelles admissions en réanimation continuent d’augmenter en France depuis la semaine 28 (6-12 juillet). Au 2 octobre, 1276 personnes sont en réanimation à cause du Covid-19 (+11 en 24 heures et +844 sur les 7 derniers jours). “Pour 10 malades en réanimation, 3 ont moins de 65 ans” indique Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre à l’hôpital Bichat. “Parmi les 15 000 malades diagnostiqués aujourd’hui, 75 à 150 iront en réanimation et presqu’autant en décèderont”. “Un seuil de 30% de patients Covid-19 en réanimation est déjà un seuil d’alerte, comme c’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côtes d’Azur”, a prévenu le Pr Arnaud Fontanet lors de la conférence de presse du 1er octobre à l’hôpital Bichat (Paris). Au niveau national, 18% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid-19. A partir de 30%, une région est en alerte maximale.

• Les taux d’hospitalisation en réanimation les plus élevés sont observés en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Dans les établissements de santé, le gouvernement a activé plusieurs plans : le plan blanc élargi généralisé (plan de mobilisation interne) depuis le 19 mars, dans tous les établissements de santé (publics et privés), le plan bleu dans les Ehpad (Etablissement Hébergeant des Personnes Âgées Dépendantes) le 6 mars, la réserve sanitaire et la réserve civique (aide alimentaire d’urgence, garde exceptionnelle d’enfants, lien avec les personnes fragiles isolées, solidarité de proximité).

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, consolidés avec l’Agence Santé Publique France et les ARS (Agences régionales de Santé), voici l’évolution des hospitalisations (dont la réanimation) et des décès en France par région.

Evolution des hospitalisations (dont en réanimation) et décès à l’hôpital du Covid-19 par région au 1er octobre (source : Santé publique France)

Régions Hospitalisations en cours Evolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 H Réanimation Soins intensif Evolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 H Décès
Île-de-France 2 159 -24 399 +6 8 106
Grand Est 295 +21 44 +1 3 740
Auvergne-Rhône-Alpes 822 +8 143 -2 1 937
Hauts-de-France 663 +3 123 +15 2 021
Bourgogne-Franche-Comté 116 -17 30 -4 1 085
Provence-Alpes-Côte d’Azur 755 -4 162 +4 1 154
Occitanie 426 -7 126 -8 600
Bretagne 190 +7 19 -3 291
Nouvelle-Aquitaine 334 +20 59 +1 504
Normandie 258 -8 42 -6 475
Centre Val-de-Loire 133 -8 21 +3 602
Pays de la Loire 177 -2 23 -1 513
Corse 25 -3 5 0 66
Martinique 34 -2 16 0 21
Guadeloupe 162 -13 25 -1 75
La Réunion 53 -3 15 +2 21
Guyane 23 +8 4 0 63
Mayotte 9 0 3 0 29
TOTAL 6 652 -24 1 265 +7 21 327 (+63)

Le premier décès du coronavirus est survenu à Paris le 14 février 2020, il s’agissait d’un patient chinois de 80 ans. Au 2 octobre 2020, 32 155 personnes sont décédées en France (+136 : 47 décès en 24 heures à l’hôpital et 89 décès en une semaine en Ehpad). Le nombre de décès, toutes causes confondues, a connu en France un “léger excédent” entre le 1er mai et le 21 septembre par rapport aux mêmes périodes de 2018 et 2019, a indiqué vendredi 2 octobre l’Insee dans son dernier point régulier sur la mortalité pendant l’épidémie de Covid-19. L’institut statistique indiquait début septembre qu’il ne constatait plus “d’excédent de mortalité” sur la période allant du 1er mai au 24 août, la tendance s’est désormais inversée : en incluant les morts recensées jusqu’au 21 septembre, on arrive à une hausse de +1% par rapport à 2019 et +2% par rapport à 2018. Cette hausse concerne d’ailleurs surtout les personnes âgées de 65 à 74 ans (+4% de décès par rapport à 2019), alors que la mortalité est stable pour les 75 ans et plus (+0,5%). Sur les seules trois premières semaines de septembre (du 1er au 21), la hausse de la mortalité – tous âges confondus – atteint même 2,1% par rapport à l’an dernier et 2,4% par rapport à 2018.

La hausse de la mortalité est en hausse en France chez les personnes âgées de 65 à 74 ans.

La proportion de décès chez les hommes est supérieure à celle des femmes depuis le début de la pandémie (54%). Au moins 92% des cas de COVID-19 décédés sont âgés de 65 ans ou plus. Le nouveau coronavirus aurait causé entre 25 000 et 30 000 décès supplémentaires en France entre le 2 mars et le 31 mai, selon une synthèse publiée par Santé Publique France le 23 juillet.

• Carte des décès en France par départements

Les nouvelles hospitalisations progressent dans toutes les régions. Les taux d’hospitalisations les plus élevés ont été enregistrés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les Hauts-de-France. Les taux d’hospitalisation en réanimation les plus élevés sont observés en Ile-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Au 1er octobre 2020, 66 départements ont un nombre de cas de Covid-19 au-dessus du seuil d’alerte de 50/100 000 habitants et sont en niveau de vulnérabilité “élevé”.

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 1er octobre 2020

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 1er octobre 2020
Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 1er octobre 2020 © Santé Publique France

• Ile-de-France : rappel des mesures en vigueur, situation à Paris

Présent à la conférence de presse d’Olivier Véran le 1er octobre, le Pr Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique Covid-19 a déclaré que “les seuils sont au-dessus en Ile-de-France : attention, il est urgent d’agir. Des mesures concernant Paris et la petite couronne pourraient être annoncées lundi si ces zones passent en “alerte maximale“. Selon le point hebdomadaire de Santé Publique France, l’Ile-de-France compte parmi les régions qui enregistrent les plus forts taux d’admission en réanimation, d’hospitalisations hebdomadaires, de décès. “Le système de santé francilien est fortement mis en tension, expliquait Olivier Véran le 23 septembre. La part des activités liées au coronavirus aux Urgences a doublé en 15 jours, le nombre de patients hospitalisés au sein de la région est aussi en augmentation très rapide, sur les près de 2000 patients hospitalisés avec le Covid, 305 le sont en réanimation soit 27% de la capacité totale de réanimation de la région. Au rythme actuel, on peut s’attendre à ce que 85% des capacités régionales de réanimation soient utilisées pour des patients Covid aux alentours du 11 novembre.

Depuis le samedi 26 septembre, à Paris et petite couronne (94, 93, 92) : 

  • Rassemblements limités à 1000 personnes
  • Interdiction des grands évènements déclarés comme les fêtes locales ou les fêtes étudiantes
  • Interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public (plages, parcs)
  • Fermeture anticipée des bars à 22 heures (voire plus tôt si le Préfet le décide) à partir de lundi 28 septembre
  • Fermeture des salles de sport et des gymnases
  • Fermeture des salles polyvalentes dédiées aux activités festives et associatives le lundi 28 septembre.
  • Interdiction de vendre de l’alcool à emporter et consommation d’alcool sur la voie publique entre 20h et 6h.
  • Interdiction de la diffusion de musique sur la voie publique ou audible depuis la voie publique de 22h à 6h (le décret a été pris à Paris et sa petite couronne)
  • Interdiction d’organiser ou de participer à un événement à caractère festif ou récréatif dans un établissement recevant du public. Particulièrement, les fêtes de mariage (hors cérémonie civile ou religieuse), les soirées étudiantes, les événements festifs organisés dans des lieux spécialement loués pour l’occasion.
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Après une augmentation progressive des cas de Covid-19 début février, l’Île-de-France a connu en mars une diffusion rapide des cas en communauté, l’épidémie atteignant un pic la semaine du 23 au 29 mars. Les Franciliens comptent pour environ 40 % des décès pour Covid-19 recensés en France depuis le 1er mars, que ce soit à l’hôpital ou en Ehpad. La classe d’âge des 20-30 ans reste la classe la plus fortement touchée par la diffusion du virus, et celle où la progression est la plus importante. Le nombre de nouveaux clusters est en augmentation. 

Les clusters en milieu scolaire et universitaire représentent 36% des clusters en cours.

Le nombre de clusters de coronavirus reste élevé en France, indique Santé Publique France dans son point hebdomadaire du 1er octobre. A cette date, 1 234 foyers de contamination sont en cours d’investigation en France (+78 sur les dernières 24 heures) dont 36% concernent le milieu scolaire et universitaire. Le nombre de clusters est aussi élevé en Ehpad, principalement dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie. Sur l’ensemble des clusters déclarés, les entreprises hors établissements de santé (ES) restent parmi les types de collectivités les plus représentées (25%), puis le milieu scolaire et universitaire (20%), le milieu familial et les évènements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes (18%).

Le taux de reproduction du coronavirus (R effectif ou R0) reste au-dessus de 1. Il montre la vitesse de circulation du virus et prouve aujourd’hui que l’épidémie circule activement en France. “Il était beaucoup plus élevé lors de la première vague, a précisé Olivier Véran le 23 septembre, il était à 3 voire au-delà”. Le R est évalué à partir de plusieurs observations. Celui calculé à partir du nombre de tests positifs est à 1 (en légère baisse par rapport à la semaine dernière), celui calculé à partir des données d’hospitalisations (SI-VIC) est à 1,06 et celui calculé à partir des passages aux Urgences baisse à 0.88. Quels sont les départements ou régions où le virus circule le plus ? Comment ce nombre est-il calculé ? Définition, courbe d’évolution et carte par région.

Plus de 13 millions de tests PCR ont été réalisés depuis le début de la pandémie, a indiqué Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Le dépistage du coronavirus est en première ligne de la stratégie du gouvernement pour faire face au rebond épidémique confirmé sur le mois de septembre. 590 laboratoires testent les Français sur l’ensemble du territoire. Si des difficultés d’accès aux tests sont manifestes depuis quelques semaines, la situation s’améliore selon le ministre de la Santé qui annonce le 1er octobre que 75% des tests sont rendus en moins de 48 heures. Les tests sont prioritairement réalisés pour les personnes symptomatiques et les cas contacts dits “à risque” et qui sont en mesure de présenter le SMS reçu de l’Assurance Maladie. Le 17 septembre dernier, Olivier Véran rappelait : “Il ne sert à rien de se tester trop souvent. Le test doit être fait si vous avez un doute, si vous avez des symptômes et si le cas contact est avéré, si vous avez été appelé par l’Assurance maladie ou l’ARS, les cas contacts de cas contacts ne sont pas des cas contacts.”

Comme il n’y a ni vaccin, ni médicament efficace contre le coronavirus, le meilleur moyen de s’en protéger pour prévenir une deuxième vague est l’application de mesures barrières : respect de la distanciation physique minimale d’un mètre, port du masque, lavage des mains réguliers, réduction des rassemblements. Les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques (atteintes respiratoire, cardiaque, obésité, diabète…) sont appelées à la plus grande prudence tant que le virus circule.

Si au début, on ne parlait que de fièvre, toux sèche, rhume, état grippal et de fatigue, les symptômes de l’infection par le coronavirus ont évolué. On sait désormais que le virus peut avoir des effets sur la peau (urticaire, autres affections dermatologiques), la sphère digestive (vomissements, diarrhées…), l’odorat, le goût et même le cerveau. 

  • Si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, mal de tête) : éviter les contacts, rester à domicile, prenez du paracétamol si besoin, appeler un médecin pour prendre rendez-vous dans l’éventualité qu’il vous fasse passer un test de dépistage. 
  • Appeler le 15 en cas de difficultés respiratoires : “Si cette toux et cette fièvre s’accompagnent d’une gêne respiratoire qui devient permanente avec souffle court, difficulté à inspirer et à expirer, d’une aggravation importante de la toux, cela peut signifier une évolution de la maladie sous la forme d’une pneumopathie. Il s’agit alors d’une urgence respiratoire potentielle et comme dans tous les cas d’urgence, il faut alors appeler le 15 qui prendra les meilleures dispositions pour répondre à la situation”, prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.  
DATES CLÉS DE L’ÉPIDÉMIE EN FRANCE
  • Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.
  • Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un “nouveau type de coronavirus”.
  • Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.
  • Le 15 janvier, le virus cause la mort d’une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans. 
  • Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.
  • Le 25 janvier, trois personnes contaminées sont recensées en France, deux à Paris et une Bordeaux. Ce sont les premiers cas enregistrés sur le continent européen.
  • Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé décrète l’urgence de santé mondiale. Cette mesure n’avait été décrétée que 5 fois depuis sa création (pour Ebola (deux fois), la grippe H1N1, Zika et la poliomyélite). 
  • Le 23 février, la France déclenche le plan ORSAN, un dispositif exceptionnel d’organisation des soins.
  • Le 28 février, la France passe en stade 2 de l’épidémie.
  • Le 11 mars, l’OMS classifie de pandémie la diffusion de la maladie à coronavirus Covid-19 dans le monde.
  • Le 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture nationale des crèches et établissements scolaires de France à compter du 16 mars et “jusqu’à nouvel ordre”.
  • Le 14 mars, la France passe au stade 3 de l’épidémie.
  • Le 16 mars : la France met en place un dispositif de confinement interdisant les déplacements.
  • Le 18 mars le premier transfert de patients Covid-19 en France est réalisé grâce à l’Armée, par voie terrestre et aérienne. 
  • Le 26 mars, un premier cas jeune meurt en France, une adolescente de 16 ans, en Ile-de-France originaire de Morsang-sur-Orge.
  • Le 27 mars, le confinement de la population française est renouvelé jusqu’au 15 avril.
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai.
  • Le 11 mai, la France commence son déconfinement.
  • Le 15 juin, toute la France passe en zone verte, sauf Mayotte et la Guyane. A Paris, les restaurants et bars peuvent rouvrir complètement.
  • Le 22 juin, les écoles sont de nouveaux obligatoires en France pour tous les élèves. Les cinémas, salles de jeux, casinos rouvrent. Les sports collectifs peuvent être autorisés tout en respectant certaines conditions sanitaires.
  • Le 10 juillet, la France a franchi la barre des 30 000 morts. Dans la nuit du 10 au 11 juillet à minuit, l’état d’urgence sanitaire prend fin en France.
  • Le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France.

Cet article est mis à jour quotidiennement par Aurélie Blaize, Anaïs Thiébaux et Samantha Pagès





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