Déconfinement des asthmatiques : quels risques ?



Dès le 11 mai, les asthmatiques et allergiques, comme toute la population française, peuvent remettre le nez dehors librement. Mais de mi-mai à fin juin, le pic annuel de la circulation des pollens dans l’air s’annonce élevé. L’alerte rouge aux pollens concerne déjà plusieurs départements du sud ouest. Ce qui complique la situation pour les personnes sensibles au niveau respiratoire. Conseils du Dr Sophie Silcret-Grieu, allergologue.

Les mois de mai et juin sont tous les ans synonymes de pic de circulation des pollens à l’origine de nombreuses allergies. Cette année leur présence est “particulièrement intense et précoce” avertit l’association Asthme et Allergies. Sur tout le territoire, les pollens de graminées sont très présents dans l’air ces prochains jours avec un risque d’allergie élevé. Une alerte aux pollens est lancée par le réseau national de surveillance pollinique et concerne les deux tiers du pays avec des zones d’alerte en rouge pour le sud ouest, le nord des Alpes et de la région Rhône-Alpes. Le RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique) qui publie la carte des pollens confirme dans son dernier bulletin que les pollens de plantain, d’oseille sont très présents dans l’air sur tout le territoireLes pollens de pariétaire (urticacées) et d’olivier arrivent eux aussi et montent en puissance. Fort heureusement les pollens de chêne et de hêtre commencent à perdre du terrain avec un risque d’allergie de niveau faible à moyen. La hausse des températures attendue et l’ensoleillement font aussi monter le risque allergique, tandis que les averses le font sensiblement baisser. Cette période sensible pour les allergiques et asthmatiques est celle choisie par le gouvernement pour commencer un déconfinement progressif. Est-ce que les personnes asthmatiques et allergiques doivent continuer à rester confinés le plus possible ? “Rien ne le laisse justifier” selon l’allergologue Sophie Silcret-Grieu. Explications

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Quelles précautions pour les allergiques et asthmatiques au moment du déconfinement ?

Les patients asthmatiques et allergiques aux pollens doivent plus que jamais poursuivre leur traitement de fond en ce moment” insiste le Dr Sophie Silcret-Grieu, allergologue. Les inhalateurs mais également les antihistaminiques oraux, qui permettent de limiter la libération d’histamine dans l’organisme. “Il ne faut surtout pas interrompre le traitement de fond (sous prétexte que l’on se sent bien parce que moins en contact avec les pollens à l’extérieur) ajoute l’allergologue. Par contre “le confinement a pu avoir plus d’impact sur les allergiques à la poussière, aux acariens et aux poils d’animaux” .

A la sortie du confinement “compte tenu de la présence des pollens, il faut redoubler de vigilance “.

A la sortie du confinement “compte tenu de la présence des pollens, il faut redoubler de vigilance recommande t-elle, ne pas oublier de se renseigner sur les pollens présents et auxquels la personne est plus sensible”. Le RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique) informe sur la circulation des pollens via son site internet ou l’application smartphone dédiée. En cas de manifestations allergiques (rhinite, yeux larmoyants, crises d’éternuement), il est conseillé de prendre rendez-vous avec un médecin ou un allergologue afin de se faire prescrire un traitement adapté, et permettre de différencier les symptômes allergiques, des symptômes de la Covid-19En période de confinement et post-confinement, la plupart des spécialistes proposent des téléconsultations en ligne sur rendez-vous. 

Comment le déconfinement peut-il avoir un impact sur les allergiques aux pollens ?

Les réactions allergiques et les crises d’asthme risquent d’être plus nombreuses chez les personnes sensibles aux pollens, prévient le RNSA qui avertit d’une concentration très forte en pollens de graminées au début du mois de juin. “Les allergiques devront prendre plus de précautions encore (comme se laver les cheveux après être sortie, ou aérer chez soi tôt le matin ou tard le soir)” ajoute le réseau. En cas de crise d’asthme, il est nécessaire de téléphoner à son médecin et de suivre le traitement adapté. Si certains corticoïdes anti-inflammatoires sont déconseillés en pleine épidémie de coronavirus, ce n’est pas le cas des traitements par corticoïdes inhalés prescrits aux asthmatiques.

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Quels risques face au Covid-19 pour les allergiques et asthmatiques ?

A partir du 11 mai, date du déconfinement progressif, le virus n’aura pas disparu. Les personnes allergiques et/ou asthmatiques doivent-elles s’inquiéter ? Pour le Dr Sophie Silcret-Grieu “les allergiques modérés et les asthmatiques dont l’état de santé est bien contrôlé par un traitement de fond adapté n’ont pas de risques particuliers vis-à-vis du nouveau coronavirus. Il leur est conseillé d’être vigilant à leur réaction allergique et de consulter un médecin qui pourra majorer le traitement dans cette période“, au besoin.

Si le recours au bronchodilatateur a été nécessaire plus souvent que d’habitude, et s’il est arrivé d’être réveillé la nuit par une gêne respiratoire, ces signes montrent que l‘asthme n’est pas contrôlé et que l’état respiratoire se dégrade. Il faut absolument consulter le médecin traitant ou le pneumologue. En cas d’urgence : la crise ne passe pas malgré le bronchodilatateur, il existe un essoufflement inhabituel, une oppression, une gêne respiratoire importante, appeler le 15. 

Merci au Dr Sophie Silcret-Grieu allergologue à Paris.

Pour contacter l’Association Asthme&Allergies, un numéro vert a été mis en place : 0800 19 20 21 (appel gratuit depuis un poste fixe)



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