le Gravel à la sauce électrique, c’est magique


Pour les puristes du vélo, le dernier rempart face à la vague de modèles électriques, c’était le Gravel. Ce jardin secret que les non-initiés ne trouveraient jamais. Malheureusement pour eux et fort heureusement pour tous les autres, les Gravel, eux aussi, ont droit à leurs versions électrifiées. Moustache est l’un des premiers à avoir franchi le pas et même à avoir récidivé avec ce Dimanche 29.3 que nous testons aujourd’hui.  

Un Gravel électrique, vraiment ?

Le Gravel (pour gravier en anglais) est un type de vélo très en vogue ces derniers mois. À la manière d’un appareil photo à objectifs interchangeables, il combine le meilleur de deux mondes. Dans le cas présent, celui du vélo de route et du VTT. À cheval entre les deux usages, le Gravel permet de passer partout ou presque. Aussi à l’aise sur la route que sur les chemins, il peut constituer une solution idéale pour les trajets domicile/travail, ce qui explique son essor récent. Longtemps cantonné à un bricolage consistant à intégrer des pièces de VTT sur un vélo de course et inversement, le Gravel a désormais droit à des développements spécifiques et même à des gammes complètes chez les constructeurs de cycles. C’est le cas chez Moustache qui a choisi d’aller un cran plus loin avec une version à assistance électrique. 

Une géométrie parfaite et une qualité de finition impeccable

Moustache n’a pas pensé à une géométrie spécifique pour le Dimanche 29.3. Le travail avait déjà été effectué, et salué, un an plus tôt sur le vélo de route Dimanche 28. Il n’y a donc pas de différence majeure avec le cadre précédent à une exception notable près : la fourche. Celle-ci bénéficie d’un tressage spécifique en carbone qui permet d’avoir plus de flex vertical. Ainsi, les diverses vibrations, que ce soit sur du goudron ou sur la terre, sont mieux absorbées. De fait, sur ce point, le Gravel électrique s’est montré étonnamment confortable y compris sur les routes pavées que nous avons empruntées lors de notre test.

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Le cintre typé route avec un évasement « flare » participe aussi à la réflexion sur une géométrie spécifique au Gravel. En définitive, le Dimanche autorise deux positions très différentes, la première passive avec le dos plus relevé s’avère très agréable et permet d’enchaîner les kilomètres de balade de manière plaisante. La seconde plus sportive se rapproche de celle adoptée sur un vélo de route classique, mais elle se montre tout aussi efficace, nous ne le rappellerons jamais assez. Lorsque vous investissez une somme conséquente dans un vélo (plus de 3700 euros dans le cas de ce Moustache), prenez le temps de le faire régler par un spécialiste, votre dos vous en sera éternellement reconnaissant.

Quant au design, il est dans la droite lignée de ce que propose Moustache depuis quelques années, à savoir des finitions soignées, des soudures polies et des couleurs spécifiques qui permettent de distinguer les vélos de la marque d’un seul coup d’oeil. De fait, c’est peu dire que l’esthétique du Dimanche 29.3 est soignée. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les réactions des passants et des autres cyclistes, lorsque l’on est à l’arrêt à un feu tricolore. 

Un équipement pensé pour la polyvalence

Le développement récent des Gravel est tel que les accessoiristes proposent désormais un matériel dédié à cette pratique hybride du vélo. C’est à dire des pièces qui sont certes moins robustes que celles dévolues aux VTT, mais bien plus légères, tout en restant plus solides que celles susceptibles d’équiper un vélo de course classique. C’est le cas de la gamme GRX de Shimano et c’est fort logiquement que Moustache a opté pour ce groupe et notamment la transmission RX-400 du fabricant japonais. 

À l’usage, le choix d’une cassette 11-42 à 10 vitesses nous a paru très pertinent. Quant aux freins à disques hydrauliques, bien aidés par des soucoupes de 180 mm à l’avant et 160 mm à l’arrière, ils sont tout simplement taillés pour un Gravel de haut niveau. 

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Motorisation et batterie : les bons choix pour du Gravel

Les choix plutôt judicieux constatés en matière d’équipement se retrouvent également sur la partie électrifiée du vélo. Sa motorisation a été confiée à Bosch, mais le mérite de privilégier un moteur 250W « Performance Line » par rapport à un modèle « Powertube » revient à Moustache. Certes, le premier est moins puissant et plafonne à 63 Nm, mais il est surtout plus léger et permet d’aller chercher quelques grammes sans que la perte en puissance ne soit trop préjudiciable. Quant à la batterie, le choix est plus classique avec un accumulateur Bosch PowerPack de 500 Wh largement éprouvé. 

Comme souvent, il est bien difficile de déterminer l’autonomie exacte d’un vélo électrique. Et pour cause, elle est fonction de l’utilisation de celui-ci (type de route, niveau d’assistance, conditions météo, etc.) et du profil du pilote. Dans notre cas, en privilégiant le mode d’assistance EMTB nous avons pu dépasser les 90 km d’autonomie. Là encore, le poids relativement restreint du vélo est un avantage certain. 

À l’aise partout, un peu moins en ville

C’est sur les sensations de conduite que le Dimanche 29.3 peut tirer son épingle du jeu par rapport à un VTT électrique notamment. Plus léger et plus maniable, il permet un léger gain de vitesse. En effet, avec ses 18,8 kg, le Gravel électrique est nettement moins lourd qu’un VTTAE dont le poids moyen oscille autour des 24 kg. C’est particulièrement palpable sur les premiers tours de roue ou sur chaque phase de reprise. Les 25 km/h, seuil critique où l’assistance électrique s’efface, sont atteints en quelques secondes seulement. Mais à l’inverse d’un vélo plus lourd il est possible d’aller jusqu’à 30 km/h sans avoir l’impression de fournir un effort intense. Au-delà, bien évidemment, ce sont les cuisses et la forme du moment qui seront les juges de paix. 

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Pour ce qui est de la question assez prosaïque qui découle de ce constat, à savoir : le Dimanche 29.3 permet-il d’aller plus vite et de gagner du temps, la réponse est assurément oui. Dans notre trajet de « vélotaf » quotidien de 20 km, légèrement bosselé (une centaine de mètres de dénivelé) et interrompu par une vingtaine de feux rouges, la différence est relativement flagrante. En effet sur une dizaine de trajets aller-retour, le Gravel électrique nous a permis de gagner 3 mn, faisant descendre notre temps de référence de 55 mn à 52 mn.

Quant aux sensations de conduite pures, elles sont au rendez-vous. Le pilotage du Dimanche 29.3 est plutôt équilibré, le vélo gardant bien la ligne, aidé en cela par ses larges pneus. En descente, il faut tenir compte de son poids qui implique une certaine inertie dans les virages, mais c’est une donnée qui est intégrée par le pilote dès les premiers kilomètres parcourus. Très à l’aise sur les chemins et sur les routes bien larges, le Gravel électrique de Moustache a un peu plus de mal en milieu purement urbain. Son large cintre et ses dimensions assez imposantes ne sont pas idéales lorsqu’il faut zigzaguer entre les voitures qui roulent au pas, mais il n’y a rien de rédhibitoire pour autant. 





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