Asus ROG Zephyrus G14 (GA401IV-011T) : le test complet


Un PC portable pour les remplacer tous : c’est la promesse du Zephyrus G14, le dernier laptop haut de gamme de la famille gaming « ROG » du constructeur taïwanais Asus. Côté mobilité, il s’agit d’une machine 14 pouces de moins de 20 mm d’épaisseur, capable de tenir 8h00 en lecture vidéo. Côté puissance, il embarque un processeur jusqu’à 8 cœurs/16 tâches, jusqu’à 32 Go de RAM et jusqu’à une Nvidia RTX 2060. Le meilleur des deux mondes dans une seule machine. Vraiment ? Après plusieurs semaines de test, la réponse est oui, à quelques détails près !

L’atout Ryzen 4000

Annoncé au CES 2020 en janvier dernier, le Zephyrus G14 est la première machine à avoir été annoncée avec les puces mobiles de nouvelle génération d’AMD, les Ryzen 4000. Des puces qui sont, sur le papier, les premiers vrais processeurs de laptop signés AMD à pouvoir tenir tête, voire carrément éclipser les Core d’Intel, archi-dominant sur le segment des PC portables. Profitant d’une finesse de gravure de 7 nm, ces SoC ont tout pour plaire : ils embarquent beaucoup de cœurs, montent bien en fréquence et intègrent une puce graphique Radeon Vega qui permet déjà de commencer à bien jouer.

Le tout dans des enveloppes thermiques réduites : la puce qui équipe notre modèle de test n’est rien de moins que la plus haut de gamme des Ryzen 4000, le Ryzen 9 4900HS, une version exclusive à Asus pendant quelques mois, qui déploie autant de puissance que la 4000H… mais dont le TDP est réduit de 45 W à 35 W. Autrement dit le processeur mobile le plus puissant et le moins énergivore jamais lancé par AMD. Pour couronner le tout, Asus ajouté à ce super processeur une Nvidia RTX 2060 MaxQ. De quoi jouer à presque tous les titres AAA toutes options à fond en 1080p. Sans faire exploser la consommation électrique.

Une bombe dans un ultra portable

Rares sont les PC pour joueurs de format 14 pouces, encore plus rares sont ceux qui pèsent 1,6 kilogramme. Et il n’y a à l’heure actuelle aucune machine de ce poids et cet encombrement qui embarque une telle puissance de feu. Mais vous le savez, le problème des armes, c’est qu’elles chauffent : aux 35 W de TDP du CPU s’ajoutent les 65 W du GPU, ce qui nous donne une plate-forme qui dégage à peu près 100 W en pleine charge.

C’est pourquoi les ingénieurs d’Asus ont développé un châssis aux petits oignons afin de dissiper au mieux la chaleur. Flux d’air optimisés, charnière qui surélève la partie inférieure de l’appareil lorsque l’on ouvre l’écran, huit caloducs couplés à deux ventilateurs à double entrée d’air, etc. Asus offre ici une excellente copie qui permet à l’appareil de ne jamais surchauffer.

Ce qui ne veut pas dire que l’engin ne devient pas chaud : en pleine session de gaming, mieux vaut ne pas avoir la machine sur les genoux ! Mais grâce à la sobriété énergétique du processeur AMD – vive le 7 nm – le PC ne chauffe ni ne produit ne bruit gênant en tâches classiques – bureautique, streaming vidéo, etc.

Il s’agit du tout premier PC de ce format qui peut à la fois remplir le rôle de machine de jeu et d’ultraportable professionnel. Car s’il développe de la puissance quand on le sollicite, il sait se montrer sobre et endurant.

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Très endurant pour un portable gaming

Ayant testé la machine en monde « confiné », nous n’avons pas encore pu déployer la batterie de tests classiques pour mesurer l’endurance de la batterie. Mais un usage de “papa qui travaille à la maison” nous permet d’affirmer ceci : il s’agit du seul PC gaming (c’est un ROG tout de même !) que l’on pourrait emporter en reportage.

L’animal est en effet incroyablement endurant quand on n’enclenche pas le GPU. De manière non scientifique et au gré des usages, on peut dire qu’en mode bureautique & multimédia, on s’en tire avec 7h00 d’autonomie écran à fond, une durée qui peut être rallongée en passant hors ligne et en baissant un peu la luminosité – les 8h00 sont dans ses cordes. Largement de quoi écrire ou consulter des documents lors d’un Paris > Las Vegas pour aller au CES par exemple (autant prendre de vrais exemples, n’est-ce pas ?).

On pourra aussi gagner encore de l’endurance en paramétrant la dalle à 60 Hz, les 120 Hz natifs ayant tendance à consommer un peu plus. On doit ainsi pouvoir pousser jusqu’à 10h d’endurance en mode hors ligne, l’écran à 70% de luminosité. Dommage qu’il faille faire la modification à la main :  il aurait été de bon aloi que le passage en mode batterie réduise automatiquement la fréquence ou que l’application de contrôle d’Asus, Armour Crate, offre un accès rapide au paramètre.

Deux chargeurs possibles, deux ambiances

Le chargeur 180 W livré avec le PC n’est pas très lourd (545 g avec son gros câble), mais vous pouvez voyager encore plus léger avec le Zephyrus G14 si vous disposez d’un chargeur de type USB C. Avec un modèle d’au moins 40 W, vous pouvez non seulement recharger la batterie appareil éteint (même si la charge est plus longue qu’avec le chargeur de base) voire travailler normalement sur secteur, pourvu que vous ne lanciez pas de jeux ou d’application faisant appel au GPU de Nvidia.

En clair : vous pouvez conserver le gros chargeur à la maison ou dans votre valise, et ne conserver qu’un petit chargeur USB C pour recharger smartphone et Zephyrus G14 en mobilité. Une prouesse rendue possible par la sobriété du CPU embarqué et son enveloppe thermique très contenue. Attention cependant : la puissance maximale acceptée en recharge USB-C PD est de 65W. Impossible donc de jouer à fond avec un chargeur USB-C puisque la batterie se vide plus vite qu’elle ne se charge.

Notez que les concepteurs de la machine ont bien évidemment pensé au cas où vous branchiez simultanément deux chargeurs – oui, nous avons un peu croisé les doigts en essayant. L’interface Asus affiche alors la présence des deux chargeurs sans paniquer le moins du monde. Il est probable que cela n’accélère pas ou très peu la charge, mais il est au moins rassurant que vous ne risquiez pas de détériorer la machine.

Moitié AMD, Moitié Nvidia… moitié Intel !

Ok, trois moitiés ça fait un peu trop, mais l’intertitre sert à attirer votre attention sur le fait que si les deux composants phares sont bien signés AMD (CPU) et Nvidia (GPU), le géant Intel est bien présent dans la machine. Au travers du réseau tout d’abord, avec le chipset AX200 en charge du Wi-Fi 6 et du Bluetooth 5.0. AMD ne concevant pas de puces réseau, Asus a dû se fournir ailleurs et Intel produit actuellement en masse l’une des meilleurs puces pour ordinateur. Intel est aussi présent dans un autre composant clé : le stockage. Le disque SSD est en effet un Intel 660P, en version un téraoctet sur notre configuration de test.

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Un SSD peu onéreux et qui offre de bonnes performances générales. Avec un excellent rapport capacité/prix, l’Intel 660P est un disque dur SSD phare en ce moment. Mais dans une machine aussi puissante, c’est lui qui s’avère être le talon d’Achille de l’ensemble. Limité par sa technologie QLC, il offre des performances médiocres lors des opérations d’écriture soutenues. Ainsi, la mise à jour des applications Adobe Creative Cloud paralyse quasiment la machine en poussant les entrées/sorties à 100%. Le temps des (grosses) mises à jour de Photoshop et de Premiere, impossible de faire grand-chose en parallèle.

Puissance brute et puissance long terme

Une fois encore, le confinement nous a empêchés d’avoir accès à tous les outils de mesure de performance – vous n’imaginez pas à quel point CineBench 20 ennuie les enfants de 4 ans assis sur vos genoux. Mais néanmoins nous avons pu lancer de nombreux jeux (quand l’enfant dormait, ne vous inquiétez pas) ainsi que CineBench 20.

Un outil de mesure de performance qui pousse le CPU dans ses retranchements. Où plutôt les CPU puisque avec ses 8 cœurs physiques capables de gérer 16 tâches simultanément, le Ryzen 9 4900 HS envoie du lourd, avec un score maximal de 4168 points.

Pourquoi préciser « score maximal » ? Tout simplement car cette valeur baisse au fur et mesure des tests pour se stabiliser autour de 3650 points (3656, 3671, etc.). La raison ? Tant que la machine est froide, le Ryzen 9 4900 HS profite du sommeil du GPU Nvidia (CineBench ne l’exploite pas) pour pousser un peu plus loin ses fréquences au-delà du Turbo garanti pour grimper jusqu’à 43 W au lieu des 35 W pour lesquels la puce est qualifée. Mais une fois la plate-forme “à température”, le processeur revient vers sa limite d’usine, évitant ainsi la surchauffe.

Pratique pour les tâches ponctuelles exigeantes, telles que l’encodage vidéo d’une dizaine de minutes ou du gros calcul (compression/décompression zip, etc.). Au-delà de quinze minutes, la plate-forme ne s’effondre pas pour autant, les 16 cœurs logiques de la puce en ayant plus sous la pédale que la plupart des processeurs de PC de bureau.

La Full HD sans limites ou presque

ROG voulant dire « Republic of Gamers », ce Zephyrus a été initialement conçu pour les joueurs. Et ce n’est pas notre configuration de test qui dira le contraire. Certes, il s’agit d’une puce MaxQ aux fréquences revues à la baisse par rapport aux puces desktop, mais la RTX2060 Max Q intégrée dans notre machine de test en a suffisamment sous le capot pour jouer à tous les jeux en Full HD, la plupart du temps avec toutes les options (ou presque) à fond.

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C’est d’ailleurs au moment de jouer que la dalle 120 Hz montre son intérêt, les FPS étant alors bien plus agréables, notamment en ligne. Notez cependant que l’absence de prise RJ45 vous obligera à acheter un adaptateur multiformat USB-C pour profiter d’une latence en adéquation avec votre affichage.

Ça ne m’a pas rendu meilleur – moquez-vous, moquez-vous, mais la paternité nuit clairement aux performances des gamers – mais à plus de 75-80 fps sous The Division 2, le matériel ne pouvait en rien me servir d’excuse pour ma nullité. Je suis vieux, voilà tout.

Quant à Doom (2016), c’est on atteint les 120 fps constants, en Full HD, toutes options graphiques activées, en utilisant l’API Vulkan. C’est beau (si vous aimez les enfers et les monstres qui explosent), c’est nerveux, c’est fluide. Et je suis toujours nul, mais je me soigne.

Dans « presque parfait » il y a « presque »

A la fois performant dans les jeux et les applications multimédia et pouvant se montrer endurant, le ROG Zephyrus G14 est un impressionnant ultraportable de 1,6 kg capable de tout. Mais comme toute création de l’homme, il a ses failles. La principale à notre sens étant qu’une partie de la RAM est soudée. Pour notre version 16 Go, 8Go sont en effet intégrés à la carte mère et les 8 Go restant présents sous la forme d’une barrette amovible.

Il y a peu d’intérêt à la changer pour une barrette de 16 Go, car elle ne serait exploitée pleinement (double canal) que sur les 8 premiers Go. Certaines applications lourdes qui obligent à garder beaucoup d’informations en mémoire, pourraient profiter de 24 Go de RAM, mais pas vraiment les gamers. Les joueurs les plus fous et les créateurs préféreront acheter la version 32 Go (16 Go intégrés, 16 Go en barrette amovible) quand elle sera disponible.

Des créateurs qui regretteront au passage l’impossibilité d’ajouter un SSD supplémentaire (il faudra acheter un disque 2 To et faire une image du système pour migrer la licence) ainsi que l’absence de prise Thunderbolt ou d’emplacement pour carte SD. Le format 14 pouces ne permet pas d’intégrer toutes les prises que l’on retrouver dans un 15 pouces.

Ensuite, et alors que l’humain moderne doit souvent se convertir au télétravail plus ou moins forcé, on découvre que la webcam a été sacrifiée sur l’autel de l’intégration ou de la réduction des coûts (ou un peu des deux). Deux microphones sont cependant bien présents sur la partie supérieure du cadre de l’écran, ce qui n’empêche pas la communication VoIP. Mais l’achat d’une webcam externe sera obligatoire pour certains profils.

Si aucun de ces défauts n’est rédhibitoire pour vous, la machine est bien (presque) parfaite.





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