que voient les policiers lorsqu’ils scannent votre attestation numérique ?

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« C’est un simple lecteur ! » Le service de communication de la police nationale est clair : « CovidReader permet uniquement de lire les informations préalablement remplies par le citoyen contrôlé. » Utilisée depuis le 6 avril, l’application développée en interne par le Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure (ST(SI)2) permet aux forces de l’ordre de scanner les QR Code inscrits sur les attestations numériques. Mais qu’est-ce qui apparaît sur leurs écrans ?

Vérifier la validité du papier

Lorsque qu’un agent scanne votre attestation, les informations qui apparaissent sur son terminal NEO -un smartphone ou une tablette de service- sont : la date et heure de création du document, complétées par votre nom, prénom, votre date et lieu de naissance, ainsi que votre adresse et la date, l’heure et le motif de votre sortie. Faites le test sur votre smartphone, avec un simple lecteur de QRCode… Vous verrez la même chose que l’image ci-dessous, seule l’interface changera.

À une différence près, néanmoins. CovidReader est capable de détecter toute attestation falsifiée, c’est-à-dire qui n’aurait pas été générée par le site du ministère de l’Intérieur. À ce moment-là, une alerte rouge met en évidence le faux document. C’est l’objectif de cette appli : vérifier la validité de votre attestation. Ni plus, ni moins.

Une appli « perfectible »

Pour le reste, tout se passe comme avec un feuille imprimée ou manuscrite. Comme l’appli n’est connectée à aucun réseau, il est impossible pour l’agent de consulter les bases de données officielles, encore moins de vous verbaliser ou même de vérifier le périmètre de votre sortie depuis CovidReader. Précisément parce que c’est « un simple lecteur ». 

L’application n’établit aucun lien entre les éléments d’identité numérisés par le scan et les autres logiciels, par exemple celui de verbalisation (voir aussi l’image ci-dessus) et est incapable de vérifier le périmètre de sortie de la personne contrôlée. Il faut forcément repasser par le store, ce qui implique de quitter l’appli, saisir de nouveau les informations… manuellement. Autre option : les retranscrire directement en rentrant au poste. 

Quid de la sécurité des données scannées ? Là encore, le terminal ne stocke aucune donnée. Tout est stocké en local. Un gage de sécurité à double tranchant. « Un lien entre ces […] fonctionnalités, tout à fait possible techniquement, réduirait considérablement la durée du contrôle et éviterait d’exposer inutilement les personnes tout en facilitant le travail du gendarme déjà très sollicité », explique un gendarme anonyme sur le site de l’association citoyenne de gendarmes et militaires (APNM). Il juge l’application « perfectible ». Autre limite : même avec un QR code unique, il est impossible de savoir si vous avez généré plusieurs documents similaires dans un même laps de temps.

15,5 millions de contrôles

Alors, à quoi sert-elle ? Principalement à aller plus vite. « C’est un simple onglet de plus à ouvrir dans l’appareil qui nous sert à verbaliser. Et ça prend une demi-seconde pour lire le document. », nous précise un policier municipal. L’appli est selon lui « très facile à utiliser ». L’avantage réside surtout du côté des citoyens sans imprimante. Pour tous -civils comme forces l’ordre- ce dispositif est bienvenu puisque depuis le 17 mars et jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur a recensé 15,5 millions de contrôles sur l’ensemble du territoire français, dont 915 000 procès verbaux, soit environ 16 %. Aucune donnée n’existe sur le taux de numérisation des attestations. 

Néanmoins, la dextérité numérique demeure un frein pendant les patrouilles. Il faut être à l’aise avec les outils numériques pour scanner avec facilité et ensuite naviguer entre les applis sans perdre trop de temps. Des agents interrogés ont ainsi déclaré préférer faire sans. Ils lisent simplement l’attestation numérique à l’oeil nu, comme ils le feraient avec une feuille volante. 

34 500 tablettes pour 160 000 agents

Pourtant, l’ensemble des 160 000 agents de la police nationale ont été équipés progressivement depuis 2015 avec des smartphones individuels (Sony Xperia X) ou ont accès aux 34 500 tablettes collectives (Sony Xperia Z4). Même chose chez les 130 000 gendarmes. Ce programme baptisé NEO prévoit une formation d’une heure sur le e-campus interne pour les agents. Chez les policiers municipaux – qui dépendent directement des 7 982 communes qui en possèdent – l’équipement est bien plus variable : alors que les policiers de Nice ou à Cannes pilotent des drones d’autres mairies plus modestes peinent à fournir des terminaux. 

Avec ou sans appli, « ça reste du déclaratif », résume le responsable du service de communication de la police nationale. « L’application est un outil supplémentaire. Mais l’essentiel de notre métier reste le discernement : prendre la meilleure décision avec les informations qu’on a au moment de la prendre. » Le mieux étant de rester chez soi dans la mesure du possible. 



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