La 5G ne servira à rien sur un smartphone jusqu’en 2023, selon Bouygues Telecom



Un opérateur qui descend une technologie de téléphonie mobile, c’est rare. Bouygues Telecom est-il en train de se tirer une balle dans le pied en dénigrant à tout va la 5G depuis plusieurs semaines ?

Martin Bouygues, PDG du groupe du même nom, a d’abord lâché des déclarations fracassantes dans la presse écrite en réclamant le report des enchères des fréquences à début 2021. Devant la fin de non recevoir de la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher, qui veut maintenir la date au plus tard en septembre, il a tenté un ultime coup de pression lors d’une audition au Sénat ce mercredi. Il était accompagné d’Olivier Roussat, président de Bouygues Telecom, et de Didier Casas, directeur général adjoint de l’opérateur.

La 5G ne va rien changer jusqu’en 2023

Premier argument qui bat en brèche l’idée d’une urgence à déployer la 5G, cette technologie n’apporterait presque rien dans les premiers temps.

«  Les clients verront un 5 au lieu d’un 4 s’afficher sur leur smartphone. Il se diront que c’est mieux. Mais est-ce que ça va changer quelque chose pour eux au quotidien ? (..) Cela ne va rien changer. Cela va donner une vitesse un poil plus rapide (..) Mais il n’y aura aucune évolution dans la première partie de la 5G entre maintenant et 2023 », a déclaré Olivier Roussat.

Tout juste Martin Bouygues a-t-il concédé la capacité de la 5G à soulager le réseau 4G.  

«  La 5G que les opérateurs vont déployer dans un premier temps n’aura pour seul intérêt que de permettre une éventuelle désaturation très locale des réseaux mobiles 4G, ce qui est peu le cas encore. Cela servira donc dans les grands centres urbains et de façon très ponctuelle lorsqu’il y a beaucoup de trafic mobile pour rendre les communications plus fluides », a détaillé le PDG.

Les vrais changements sont attendus en 2023 avec la seconde normalisation de la 5G et l’arrivée de nouveaux équipements et d’une modification de l’architecture réseau des opérateurs.

« Tous les services dont on nous parle qui vont révolutionner l’industrie arriveront en France en 2023 », a souligné Olivier Roussat.

Didier Casas, lui, s’est ému que le gouvernement lance des enchères avant même les conclusions de l’Anses concernant les effets de la 5G sur la santé. Martin Bouygues a insisté, enfin, sur les réactions de plus en plus négatives des Français, appelant à lancer un grand débat public sur la question avant les enchères.

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Faire peser la couverture du territoire dans la balance

Bouygues Telecom a évidemment « oublié » de signaler qu’il a aussi tout intérêt à ce que la procédure soit repoussée tant qu’il n’a pas obtenu de réponse de l’ANSSI sur la possibilité d’utiliser du matériel de l’équipementier chinois Huawei. Si le bannissement était prononcé, l’opérateur réclamerait alors un dédommagement au gouvernement, puisque cela l’obligerait à changer toutes ses installations Huawei 4G qui ne seront pas compatibles avec la 5G un autre équipementier.

Outre cet exposé, Bouygues Telecom n’a pas hésité à faire planer une menace. Son idée était de proposer un New Deal 2 permettant d’achever la couverture mobile du territoire, le premier New Deal s’avérant finalement insuffisant en nombre de sites. En échange, les opérateurs auraient obtenu une réduction du prix des enchères 5G. Puisque que cette option a été écartée prestement par Bercy, l’opérateur avertit qu’il ne sera pas question, dans ces conditions, de faire un effort de déploiement 4G au-delà de ce qui était prévu par le New Deal. Or, le confinement et le télétravail ont montré les failles du réseau mobile en France qui reste insuffisant. C’est éventuellement un argument auquel le gouvernement pourrait se montrer sensible.

On attend maintenant les réactions de l’Arcep, qui devrait annoncer la nouvelle date des enchères ce jeudi.





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