{"id":7109,"date":"2021-11-23T18:32:45","date_gmt":"2021-11-23T18:32:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/2021\/11\/23\/difficile-daccepter-lidee-de-lavortement-clandestin-quand-on-letudie-de-si-pres\/"},"modified":"2021-11-23T18:32:45","modified_gmt":"2021-11-23T18:32:45","slug":"difficile-daccepter-lidee-de-lavortement-clandestin-quand-on-letudie-de-si-pres","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/2021\/11\/23\/difficile-daccepter-lidee-de-lavortement-clandestin-quand-on-letudie-de-si-pres\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Difficile d&rsquo;accepter l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;avortement clandestin quand on l&rsquo;\u00e9tudie de si pr\u00e8s\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p> [ad_1]<br \/>\n<\/p>\n<p>\n                La r\u00e9alisatrice de \u00ab\u00a0L&rsquo;Ev\u00e9nement\u00a0\u00bb, en salles, pr\u00e9sente sa bien nomm\u00e9e adaptation du <a href=\"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/2023\/08\/24\/lart-de-la-glace-transforme-en-business-la-vision-unique-de-fabien-gris\/\">livre<\/a> d&rsquo;Annie Ernaux sur un avortement clandestin. L&rsquo;occasion pour nous d&rsquo;aborder, entre autres, ce br\u00fblant sujet d&rsquo;actualit\u00e9 avec la cin\u00e9aste aur\u00e9ol\u00e9e.            <\/p>\n<div>\n<p>Pour\u00a0<em style=\"\"><b>L&rsquo;Ev\u00e9nement<\/b>,\u00a0<\/em><strong>Audrey Diwan<\/strong>\u00a0a remport\u00e9\u00a0le Lion d&rsquo;or \u00e0 la Mostra de Venise, soit la plus haute distinction de cet illustre\u00a0festival, des mains du pr\u00e9sident du jury\u00a0Bong Joon-ho (<em>Parasite<\/em>). Son deuxi\u00e8me film,\u00a0au cin\u00e9ma le 24 novembre, porte d\u00e9cid\u00e9ment bien son titre.<br \/><strong>Adaptation du roman autobiographique \u00e9ponyme d&rsquo;Annie Ernaux<\/strong>, il suit\u00a0le parcours d&rsquo;une jeune \u00e9tudiante pour avorter dans la\u00a0France r\u00e9pressive des ann\u00e9es 60. Pour porter \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran l&rsquo;exp\u00e9rience et le r\u00e9cit de l&rsquo;autrice, la cin\u00e9aste a fait le choix d&rsquo;un drame immersif, au plus pr\u00e8s de son h\u00e9ro\u00efne Anne. La cam\u00e9ra s&rsquo;invite presque dans le corps de son actrice, <strong>Anamaria Vartolomei<\/strong>,\u00a0choisie \u00ab\u00a0<em>autant pour sa puissance de jeu que\u00a0son minimalisme<\/em>\u00ab\u00a0, nous r\u00e9v\u00e8le Audrey Diwan. Un film qui interroge la soci\u00e9t\u00e9, les regards culpabilisants, mais aussi le prix du d\u00e9sir\u00a0et\u00a0de l&rsquo;ambition quand on a un ut\u00e9rus.<br \/>Co-fondatrice de l&rsquo;\u00e9dition fran\u00e7aise du\u00a0magazine <em>Stylist<\/em>, Audrey Diwan\u00a0a \u00e9t\u00e9 journaliste, puis autrice de romans, \u00e9ditrice&#8230; et enfin sc\u00e9nariste\u00a0avant de compl\u00e9ter son CV par la r\u00e9alisation.\u00a0Entre deux festivals, elle\u00a0participe actuellement \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture du\u00a0<strong>prochain film de Gilles Lellouche<\/strong> et vient de terminer sa collaboration avec <strong>Val\u00e9rie Donzelli<\/strong>. Cette passionn\u00e9e de litt\u00e9rature aime \u00ab\u00a0<em>regarder des films vers 6\/7h du matin avant que le monde ne commence \u00e0 s&rsquo;activer<\/em>\u00ab\u00a0. Au <strong>Festival International du Film de Saint-Jean-de-Luz<\/strong>, elle courait partout pour d\u00e9fendre son long-m\u00e9trage. Entretien.\u00a0<\/p>\n<p><b>Le Journal des Femmes : Comment est n\u00e9e l&rsquo;envie de porter <em>L&rsquo;Ev\u00e9nement<\/em>\u00a0d&rsquo;Annie Ernaux sur grand \u00e9cran\u00a0?<\/b><br \/><strong>Audrey Diwan <\/strong>:\u00a0La d\u00e9couverte du livre a \u00e9t\u00e9 un temps fort pour moi, entre ce que je pensais savoir de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/sante.journaldesfemmes.fr\/fiches-sexo-gyneco\/1167366-avortement-ivg-delai-france-medicamenteuse-chirurgicale-comment-ca-se-passe\/\" title=\"IVG\">avortement<\/a> clandestin et, en r\u00e9alit\u00e9, mon absence de projection et de connaissance\u00a0sur ce parcours. Le livre m&rsquo;a vraiment saisie. J&rsquo;adore ce moment o\u00f9 je ressens une \u0153uvre d&rsquo;un\u00a0point de vue \u00e9motionnel et intellectuel. C&rsquo;est quand les deux fonctionnent ensemble que je commence \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et, parfois, \u00e0 avoir l&rsquo;envie de travailler. Si je suis tout \u00e0 fait franche, je suis aussi arriv\u00e9e \u00e0 ce livre parce que quand j&rsquo;ai avort\u00e9, j&rsquo;ai eu besoin de penser les choses et que je manquais de dimension, de r\u00e9flexion. Une amie me l&rsquo;a conseill\u00e9\u00a0et\u00a0\u00e0 ce moment-l\u00e0, j&rsquo;ai mesur\u00e9 ma chance d&rsquo;avoir pu avorter dans un pays o\u00f9 c&rsquo;\u00e9tait l\u00e9gal,\u00a0de ne pas avoir eu \u00e0 me mettre des aiguilles dans le corps toute seule. Nous sommes toujours le fruit d&rsquo;une culture et d&rsquo;un v\u00e9cu et pour moi <em>L&rsquo;Ev\u00e9nement<\/em> \u00e9tait \u00e0 ce point de rencontre entre les deux.<\/p>\n<p><strong>Au del\u00e0 d&rsquo;un film sur l&rsquo;avortement, c&rsquo;est un film sur la solitude de ces jeunes filles&#8230;<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : C&rsquo;est comme \u00e7a que les gens le ressentent, et d&rsquo;une certaine mani\u00e8re c&rsquo;est vrai, mais ce serait omettre quelque chose\u00a0de tr\u00e8s important \u00e0 mes yeux. D&rsquo;abord, il y a des r\u00e9sistants.\u00a0Comme toujours quand la loi est dure, quelques personnes acceptent de se mettre \u00e0 risque. Dans mon film, il\u00a0 n&rsquo;y a\u00a0pas de gentil, pas de m\u00e9chant, il y a des personnes\u00a0prises dans les fils de cette histoire, avec ce qu&rsquo;elles savent et ne savent pas. Les jeunes hommes n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s aguerris sur la condition de la femme dans les ann\u00e9es 60. Par exemple, au d\u00e9part, Jean ne comprend pas, peut-\u00eatre m\u00eame qu&rsquo;il juge, et progressivement, en parall\u00e8le du parcours d&rsquo;Anne, il fait son chemin jusqu&rsquo;\u00e0 lui tendre\u00a0la main. Il risque la prison, comme les m\u00e9decins peuvent se voir refuser le droit d&rsquo;exercer s&rsquo;ils aident \u00e0 un avortement. Il y a un fort danger, ce qui est le cas encore aujourd&rsquo;hui \u00e0 certains endroits.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Faire r\u00e9sonner fort le film est\u00a0la suite logique de notre parcours\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Que vouliez-vous montrer du plaisir f\u00e9minin ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : Le sujet de mon film n&rsquo;est pas que l&rsquo;avortement, il parle de douleur et de\u00a0jouissance. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui marche vers sa libert\u00e9, celle d&rsquo;\u00e9tudier et de jouir. Il y a la solitude et il y a une\u00a0mani\u00e8re de la briser, par la rencontre. J&rsquo;avais\u00a0besoin de ces deux\u00a0dimensions parce que je voulais faire de ce\u00a0film une exp\u00e9rience. Depuis le d\u00e9but,\u00a0l&rsquo;id\u00e9e c&rsquo;est\u00a0comment faire pour ne pas regarder Anne, mais \u00eatre elle ?<\/p>\n<p><strong>Comment y \u00eates-vous parvenue\u00a0?<br \/>Audrey Diwan<\/strong> : \u00ab\u00a0Juste\u00a0\u00bb. Ce\u00a0mot d&rsquo;Annie Ernaux\u00a0a \u00e9t\u00e9 cl\u00e9 dans mon travail. A\u00a0l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;abord, parce qu&rsquo;elle a accept\u00e9 de lire diff\u00e9rentes versions du texte et sur le plateau ensuite. La veille du tournage, elle m&rsquo;a envoy\u00e9 cette phrase de Tchekhov : \u00ab\u00a0<em>Soyez juste, le reste viendra de surcro\u00eet.<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0C&rsquo;est une phrase que l&rsquo;on porte ! En choisissant de partager cette exp\u00e9rience inspir\u00e9e de sa vie, je voulais \u00eatre s\u00fbre que l&rsquo;on regarderait dans la m\u00eame direction. D&rsquo;autant plus que c&rsquo;est une autrice capitale dans ma vie de lectrice. Elle comprenait tr\u00e8s bien le principe d&rsquo;adaptation, c&rsquo;est-\u00e0-dire la part de fiction, de reconstitution, mais elle a toujours point\u00e9 un geste, une id\u00e9e, en disant que \u00e7a lui semblait moins juste. C&rsquo;\u00e9tait une collaboration tr\u00e8s porteuse.<\/p>\n<div style=\"text-align:center\">\n<figure class=\"image\" style=\"display:inline-block\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/img-3.journaldesfemmes.fr\/PXeN7ErsyesJDyChR_otAtOYznE=\/600x\/smart\/c9a7dcd1b686462486cfd641d827494c\/ccmcms-jdf\/28503423.jpg\"\/><figcaption data-credit=\"PROKINO Filmverleih GmbH\" data-legend=\"Anamaria Vartolomei dans &quot;L'Ev\u00e9nement&quot;\">Anamaria Vartolomei dans \u00ab\u00a0L&rsquo;Ev\u00e9nement\u00a0\u00bb <small>\u00a9\u00a0PROKINO Filmverleih GmbH<\/small><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p><strong>Etes-vous \u00e9tonn\u00e9e que l&rsquo;on fasse le lien entre ce film sur la France des ann\u00e9es 60 et l&rsquo;actualit\u00e9 ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : Ce qui est \u00e9tonnant, c&rsquo;est que l&rsquo;actualit\u00e9 soit devenue si intense. Evidemment, j&rsquo;\u00e9tais sensible \u00e0 ce qui se passait en Pologne\u00a0quand j&rsquo;ai entam\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture. Et puis en arrivant \u00e0 Venise, on a lu\u00a0plusieurs articles sur les objecteurs de conscience en Sicile, tout ce qui fait que m\u00eame quand l&rsquo;IVG est\u00a0l\u00e9gal, elle est fragile. Aujourd&rsquo;hui, on est en prise \u00e0 une actualit\u00e9 br\u00fblante avec le Texas. En d\u00e9cembre, la Cour Supr\u00eame r\u00e9examinera l&rsquo;arr\u00eat\u00a0Roe v. Wade qui\u00a0autorise l&rsquo;avortement&#8230; On a trouv\u00e9 les bons partenaires pour aller\u00a0d\u00e9fendre le film aux Etats-Unis et le faire r\u00e9sonner fort. C&rsquo;est\u00a0la suite logique de notre parcours. Nous allons travailler conjointement avec\u00a0FilmNation Entertainment et IFC Films, deux entit\u00e9s tr\u00e8s importantes pour le cin\u00e9ma ind\u00e9pendant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Je suis curieuse de voir comment on va, non pas pol\u00e9miquer parce que je d\u00e9teste \u00e7a, mais ouvrir des discussions. Proposer ce voyage \u00e0 des gens et voir comment ils le re\u00e7oivent, qu&rsquo;ils\u00a0soient pour ou contre l&rsquo;avortement. On sait d\u00e9j\u00e0 que l&rsquo;aventure am\u00e9ricaine va \u00eatre forte.<\/p>\n<p><strong>Au moment o\u00f9 vous vous \u00eates lanc\u00e9e dans ce projet, pensiez-vous\u00a0\u00e0 sa port\u00e9e politique\u00a0?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : En lisant le livre, je me disais: \u00ab\u00a0<em>c&rsquo;est difficile d&rsquo;accepter l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;avortement clandestin quand on l&rsquo;\u00e9tudie de si pr\u00e8s, avec cette peur, cette violence, cette solitude<\/em>\u00ab\u00a0. L&rsquo;humanit\u00e9 est compos\u00e9e d&rsquo;\u00eatres humains qui peuvent difficilement nier les sentiments qui les traversent. C&rsquo;est assez universel. Quand on m&rsquo;a remis le Lion d&rsquo;or, je me suis tourn\u00e9e vers ce jury si h\u00e9t\u00e9roclite, constitu\u00e9 de gens qui n&rsquo;ont pas le m\u00eame \u00e2ge, pas la m\u00eame culture, pas le m\u00eame sexe et qui \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9\u00a0m&rsquo;ont envoy\u00e9\u00a0le message qu&rsquo;ils avaient fait ce chemin. C&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai saisi la r\u00e9sonance du film,\u00a0ce qu&rsquo;il voulait dire et\u00a0ce qu&rsquo;il pouvait repr\u00e9senter. Pour moi, c&rsquo;est \u00e7a l&rsquo;image de l&rsquo;universalit\u00e9 du sujet.<\/p>\n<p><strong>Recevoir cette r\u00e9compense avec votre deuxi\u00e8me film seulement, \u00e7a repr\u00e9sente quoi ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : Au del\u00e0 du sujet, ce film reste\u00a0un projet artistique, alors cela repr\u00e9sente \u00e9norm\u00e9ment.\u00a0C&rsquo;est difficilement descriptible. Au moment o\u00f9 l&rsquo;on m&rsquo;a remis le prix, j&rsquo;ai eu une pens\u00e9e pour mon film, pour Anamaria, pour Annie Ernaux, pour le sujet et je me suis dit que cette distinction r\u00e9compensait toutes les dimensions du projet \u00e0 la fois. La libert\u00e9 est l&rsquo;id\u00e9e qui a le plus de valeur \u00e0 mes yeux. C&rsquo;est ce apr\u00e8s quoi je cours, ce qui dicte mon chemin. Au cin\u00e9ma,\u00a0cette libert\u00e9 se gagne. Ce prix signifie qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir, il est possible que j&rsquo;en ai plus.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00ab\u00a0Je ne crois pas du tout \u00e0 l&rsquo;auteur enferm\u00e9 dans une tour\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong><em>L&rsquo;Ev\u00e9nement<\/em>, c&rsquo;est aussi l&rsquo;histoire d&rsquo;une jeune fille qui veut \u00e9crire&#8230; Pour vous aussi, c&rsquo;\u00e9tait une vocation ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : Et d&rsquo;une jeune fille en qu\u00eate de libert\u00e9, je n&rsquo;ai pas choisi mon sujet au hasard ! J&rsquo;ai un rapport\u00a0tr\u00e8s empirique \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. J&rsquo;ai toujours pens\u00e9 que ce serait\u00a0ce que je ferais, mais\u00a0je ne me pr\u00e9destinais\u00a0pas \u00e0 un m\u00e9tier en particulier. J&rsquo;ai eu besoin d&rsquo;essayer, de tenter plein de choses. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 journaliste, j&rsquo;ai travaill\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9dition, j&rsquo;ai accompagn\u00e9 des auteurs en \u00e9tant de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de cette barri\u00e8re, mais j&rsquo;ai aussi fait beaucoup d&rsquo;exp\u00e9riences qui n&rsquo;avaient rien \u00e0 voir. Je ne crois pas du tout \u00e0 l&rsquo;auteur enferm\u00e9 dans une tour. La confrontation au r\u00e9el est la cl\u00e9 pour commencer \u00e0 cerner son propre regard sur le monde, sans quoi l&rsquo;\u00e9criture ne sert \u00e0 rien. J&rsquo;ai par exemple commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire mes romans trop t\u00f4t et\u00a0c&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai arr\u00eat\u00e9. J&rsquo;y prenais du plaisir, mais mon regard \u00e9tait\u00a0encore incertain. J&rsquo;avais envie de prendre le temps. L&rsquo;exp\u00e9rience de r\u00e9alisatrice est la\u00a0somme de plein de choses que j&rsquo;ai travers\u00e9es et qui m&rsquo;ont amen\u00e9e\u00a0\u00e0 une \u00e9criture par\u00a0l&rsquo;image.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Comment s&rsquo;est pass\u00e9e cette\u00a0transition des mots \u00e0 l&rsquo;image ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des sc\u00e9narios, comme j&rsquo;avais \u00e9norm\u00e9ment lu et beaucoup moins vu de films, j&rsquo;ai pass\u00e9 ma vie au Vid\u00e9o Club de la Butte, \u00e0\u00a0Paris. Guid\u00e9e par l&rsquo;extraordinaire Christophe qui tient ce lieu, j&rsquo;ai\u00a0commenc\u00e9\u00a0\u00e0 d\u00e9couvrir le monde du cin\u00e9ma. Les films fran\u00e7ais et am\u00e9ricains, puis asiatiques, roumains&#8230; En m&rsquo;immergeant dans ces\u00a0univers, j&rsquo;ai fait na\u00eetre une envie tr\u00e8s forte de me frotter \u00e0 l&rsquo;exercice et de traduire ce que j&rsquo;avais \u00e9crit en images. C&rsquo;est pleine de tous les films que j&rsquo;ai aim\u00e9s que j&rsquo;ai eu envie de me lancer. J&rsquo;ai attendu que mon\u00a0d\u00e9sir devienne une n\u00e9cessit\u00e9. Avant, pour moi, cela n&rsquo;avait pas de sens.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous le temps d&rsquo;en voir des films, ici \u00e0 Saint-Jean-de-Luz ?<\/strong><br \/><strong>Audrey Diwan<\/strong> : J&rsquo;adorerais, mais le rythme est effr\u00e9n\u00e9 !\u00a0La sortie fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e au 24\u00a0novembre, de surcro\u00eet maintenant on est en discussion avec les Etats-Unis. On voudrait \u00eatre \u00e0 tous les endroits au m\u00eame moment et moi, y compris dans une salle de cin\u00e9ma. Je reviens du festival de\u00a0San Sebastian o\u00f9 j&rsquo;ai fait partie du jury. J&rsquo;ai\u00a0eu mon shoot de films, souvent avec trois projections par jour. C&rsquo;\u00e9tait une chance de voir plein de choses ces derni\u00e8res semaines et l\u00e0 je vais \u00eatre frustr\u00e9e pendant quelques temps&#8230;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>[ad_2]<br \/>\n<br \/><a href=\"https:\/\/www.journaldesfemmes.fr\/loisirs\/cinema\/2749023-audrey-diwan-l-evenement-film-avortement\/\">Source link <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[ad_1] La r\u00e9alisatrice de \u00ab\u00a0L&rsquo;Ev\u00e9nement\u00a0\u00bb, en salles, pr\u00e9sente sa bien nomm\u00e9e adaptation du livre d&rsquo;Annie Ernaux sur un avortement clandestin. &hellip; <a href=\"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/2021\/11\/23\/difficile-daccepter-lidee-de-lavortement-clandestin-quand-on-letudie-de-si-pres\/\" class=\"more-link\">Plus <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0Difficile d&rsquo;accepter l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;avortement clandestin quand on l&rsquo;\u00e9tudie de si pr\u00e8s\u00a0\u00bb<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7110,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_sitemap_exclude":false,"_sitemap_priority":"","_sitemap_frequency":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7109","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tous"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7109"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7109"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7109\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7110"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.affinite.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}